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LES CEVENNES UNE TERRE RICHE EN HISTOIRE
Pour bien comprendre le Département du Gard et plus généralement les Cévennes, il semble indispensable de passer l'étape de la connaissance du Protestantisme et ensuite par l'histoire des ''Camisards''.
Aussi pour celles ou ceux qui ne possèdent pas ces données, les chapitres suivants vous donneront un nouvel éclairage sur la région.
Cette page a d'abord été construite pour nous mêmes, car dans la région depuis seulement 2005, il nous fallait élargir notre propre champ de connaissances, ensuite pourquoi pas ne pas mettre à la portée de ceux que cela intéresse le fruit de ces recherches.
Le
protestantisme
regroupe
l'ensemble des courants religieux chrétiens issus du catholicisme
qui prennent naissance en Europe lors de la Réforme sous l'impulsion
de théologiens tels que Martin Luther, Ulrich Zwingli puis Jean
Calvin. Le terme lui-même est utilisé pour la première fois en
1529, quand les seigneurs et les villes qui suivaient la doctrine de
Luther protestent
contre
les décisions prises par la seconde diète impériale à Spire, à
majorité catholique. Les protestants français, tous appelés «
luthériens » au début par leurs adversaires, seront ensuite nommés
par dérision « huguenots », puis « religionnaires ».
Aujourd'hui, on dénombre près de 800 millions de protestants dans
le monde.
Origine
du terme « protestant » Le
31 octobre 1517, les étudiants du moine et docteur en théologie
Martin Luther réagissent à la campagne d'indulgences lancée par
Albert de Brandebourg : ils affichent sur la porte de l'église de
Wittenberg une lettre rédigée par Martin Luther adressée à Albert
de Brandebourg constituée de 95 thèses, à la fois constat des
dérives de l'Église, critique virulente des abus et solutions.
Parmi les thèses, l'accès de tous à la Bible sans discrimination
sociale et l'égalité entre les hommes ont un fort écho dans la
population majoritairement paysanne, à tel point qu'elle provoque au
printemps 1525 la Bauernkrieg
(guerre
des paysans) dans le Saint-Empire romain germanique. Afin de
mettre un terme rapide à cette explosion de violence contre la
classe dirigeante, les princes se réunissent lors de la première
diète de Spire, en 1526. Ils conviennent du décret de l'état
d'urgence et décident que chaque prince choisit le culte à
pratiquer dans son État, les opposants étant contraints de fuir
vers un autre État favorable à leur foi. Cette
confessionnalisation est déjà initiée à la fin de 1525 par Jean
de Saxe qui institutionnalisa le luthéranisme. Cependant, absent
de cette assemblée formée par ses électeurs, Charles Quint demeure
hostile à ces dispositions. Accusé par le Saint-Siège de
soutenir Luther, Charles Quint décide d'endiguer la propagation des
thèses luthériennes. Il convoque donc en 1529, avec son frère
Ferdinand Ier, une seconde diète de Spire lors de laquelle il
révoque toutes les concessions faites par les princes aux paysans.
Ainsi, il réinstaure le culte catholique et la messe en latin.
Cesderniers réagissent immédiatement sous la conduite de Jean de
Saxe en émettant une protestation. Les princessignataires sont
appelés « protestants ». « C'est un peu une tradition chez
nous, les protestants en général, bien que la plupart des gens
ignorent l'origine du mot « protestant » et pensent que cela
provient du mot « protester ». En réalité cela signifie en latin«
affirmer ». Une déclaration de la première profession de foi
protestante qui a donné le nom à notre confession est «
Protestati sumus » c'est-à-dire
«
nous affirmons que » et
non «
nous protestons contre ».
Ce n'est pas du tout pareil. C'est positif. » D'après Terre
et Ciel de
Théodore Monod, Collection Actes Sud.
La
pensée protestante Les
protestants hésitent à parler de « doctrine » ou de religion. Ils
préfèrent « convictions », « engagements » ou « valeurs ». La
fédération des protestants publie simplement : « Être protestant
» . C'est que les protestants préfèrent toujours préserver un
espace de discussion et d'échange entre les fidèles,
particulièrement pour l'expression de leurfoi, même la plus
fondamentale.
Les
Six Grands Principes Toutes
sensibilités confondues, les protestants partagent ces points
fondamentaux (les deux premiers concernent le salut) : • Sola
gratia («
par la grâce seule ») L'homme ne peut pas mériter son salut auprès
de Dieu, mais Dieu le lui offre gratuitement par amour. Ce qui rend
l'homme capable d'aimer lui aussi. Ainsi, la valeur d'une personne ne
dépend que de l'amour de Dieu, et on de ses qualités, ni de son
mérite, ni de son statut social. • Sola
fide («
Seule la foi compte ») Ce don se fait à l'occasion d'une rencontre
personnelle avec Dieu, en Jésus-Christ (solo
Christo,
par Christ seul). C'est cela la foi, non une doctrine ou une oeuvre
humaine. D'une personne à l'autre, elle peut surgir brusquement ou
être le fruit d'un cheminement. Chacun la vit de manière
particulière, comme sa réponse à ladéclaration d'amour de Dieu.
• Sola
scriptura («
par l'Écriture seule ») Considérée comme porteuse de la parole de
Dieu, la Bible est à la fois la seule autorité théologique et le
seul guide, en dernière instance, pour la foi et la vie. Elle est
éclairée par la prédication de ministres appelés par l'Église et
formés par elle (mais le Saint-Esprit peut appeler d'autres
prédicateurs que seulement ceux-ci). À travers les témoignages
humains qu'elle transmet, elle dessine des principes de vie à partir
desquels s'exerce la responsabilité personnelle de chacun. •
Soli
Deo gloria («
à Dieu seul la gloire ») Il n'y a que Dieu qui soit sacré, divin
ou absolu. Ainsi, toute entreprise humaine ne peut prétendre avoir
un caractère absolu, intangible ou universel, y compris la
théologie. De plus, partant du principe que Dieu a donné la liberté
aux hommes, les protestants sont généralement favorables à un
système social qui respecte la pluralité et les libertés. •
Ecclesia
semper reformanda («
l'Église doit se réformer sans cesse »)Les institutions
ecclésiastiques sont des réalités humaines. Elles sont secondes. «
Elles peuvent se tromper », disait Luther. Ainsi, les Églises
doivent sans cesse porter un regard critique sur leur propre
fonctionnement et leur propre doctrine, à partir de la Bible. En
revanche, les chrétiens catholiques pensent qu'il faut être guidé
par l'Eglise de façon claire. La certitude peut aller dans certains
cas jusqu'au dogme (vérité que l'on ne peut renier), prononcée par
un concile, ou par le Pape en vertu de l'«Infaillibilité
Pontificale». •
Sacerdoce universel Principe, que Luther considère comme central, de
la Réforme protestante, selon lequel chaque baptisé est «
prophète, prêtre et roi » sous la seule seigneurie du Christ. Ce
concept anéantit les principes de hiérarchie au sein de l'Église.
Chaque baptisé a une place de valeur identique, y compris les
ministres (dont les pasteurs font partie). Issus d'études de
théologie et reconnus par l'Église, ils sont au service de la
communauté pour l'annonce de la Parole de Dieu (prédication et
sacrements) et les missions particulières qui en découlent. Les
femmes ont accès aux ministères de certaines églises protestantes.
Les
Rites Protestants Comme
de nombreuses religions, le protestantisme possède des rites : •
la religion ne repose que sur les Écrits sacrés : la Bible est
basée sur l’Ancien
et le Nouveau Testament. • les pratiques sont assez comparables
à celles de l’Église
catholique : prières, lecture de la Bible, le culte dominical et la
participation à l’Eucharistie
la Sainte Cène). • Les protestants participent aux fêtes de
Noël, aux Rameaux, au Vendredi Saint, à Pâques, à l’Ascension
et à la Pentecôte. • le Baptême avec la Sainte Cène
(l'Eucharistie) sont les deux seuls sacrements chez les protestants.
Le baptême est unique et a lieu à l’enfance
ou à l’âge
adulte, selon les dénominations. • Les protestants ne
pratiquent généralement pas le signe de croix, lui reprochant
souvent d'être une forme de superstition. • A la mort, le
protestant croit à la vie éternelle après un passage auprès de
Dieu. • Le culte des funérailles est destiné à
l’accompagnement
de la famille et des amis, il est centré sur l'annonce de l’Evangile
: promesse de résurrection. Le défunt est enterré simplement, avec
respect : lecture d’un
verset de la Bible et prières. • Les autopsies et les
prélèvements d’organes
sont autorisés par la doctrine ainsi que l’incinération.
Les
différences avec l'Eglise catholique Il
existe de très nombreuses différences entre le culte protestant et
le culte catholique. Les différences principales sont : • les
protestants se référent à la Bible et pour certains à la
Tradition des Églises protestantes (sola scriptura). • Les
protestants ne reconnaissent pas le Pape. Il existe donc une
multitude de communautés protestantes non affiliées les unes aux
autres. • Il n’y
a que deux sacrements (le baptême et l’eucharistie)
chez les protestants contre sept chez les catholiques (le baptême,
l'eucharistie, la confirmation, la réconciliation, le mariage,
l'ordination et l'onction des malades). Les protestants n’ont
notamment pas de sacrement de réconciliation (le dialogue avec un
prêtre). Pour eux, il suffit de confesser ses péchés directement à
Dieu. • La plupart des protestants ne croient pas à la
présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie
mais à une présence symbolique. • Les protestants ne donnent
pas une place particulière à Marie. Ils ne croient pas à son
Immaculée Conception. Néanmoins, Marie fait partie des témoins
privilégiés au même titre que les disciples du Christ. • Les
protestants reconnaissent surtout Jésus comme seul intermédiaire
entre Dieu et les Hommes.
De
nombreuses Églises et mouvements Au
XXIe siècle, l'héritage protestant se vit à travers de nombreux
mouvements, car le principe même du protestantisme se veut
réformateur en permanence afin d'éradiquer le poids éventuel de la
tradition. Ainsi, on dénombre une multitude de mouvements, souvent
proches.
Les
Eglises Protestantes présentes en France Les
Églises protestantes rassemblées dans la Fédération protestante
de France partagent une seule et même foi, mais elles présentent
plusieurs confessions. • Les Luthériens, héritiers de la
théologie de Martin Luther, le luthéranisme remonte aux origines
mêmes de la Réforme et se réclame des trois affirmations centrales
du message de Luther : autorité souveraine de la Bible, salut par la
Grâce et le Sacerdoce universel des croyants. Les Églises
Luthériennes sont regroupées au sein de la Fédération Luthérienne
Mondiale (FLM : 65 Millions de Membres). • Les Réformés ou
Presbytériens, héritiers de Jean Calvin, les Églises Reformées se
réclament également d’autresréformateurs
tels que Luther ou Zwingli. La théologie met plus particulièrement
l’accent
sur la puissance de Dieu. Celle-ci n’atteint
pas à la liberté et à la responsabilité du chrétien, au
contraire : ayant reçu en Jésus-Christ l’assurance
de son salut, et se sachant pardonné, il n’en
est que plus libre pour conduire sa vie de manière responsable et
exigeante. La plupart des Églises Reformées appartiennent à
l’Alliance
Reformée Mondiale (ARM : 70 Millions de membres). Elles ne se
réclament pas d’une
confession de foi unique : il appartient à chaque Église de dire sa
foi dans l’actualité
et le contexte qui sont les siens. Cette acceptation des différences
rejoint le souci des réformés de préserver en leur sein un réel
pluralisme théologique. • Les Protestants Evangéliques dont le
plus célèbre fut Martin Luther King. Ils pratiquent le baptême des
adultes par immersion : les Églises Baptistes, elles aussi, tiennent
leurs origines de différents mouvements réformateurs protestants du
XVI siècle, en particulier anabaptistes. D’une
manière générale, ces Églises ont la particularité de ne
reconnaître comme membres que celles et ceux qui font la profession
de foi en Jésus-Christ et qui, en demandant le baptême, font un
acte volontaire et personnel de repentance et de foi. Dès le début
de leur histoire, les Baptistes ont discuté avec force le principe
de la séparation de l’Église
et de l’État.
On compte environ 500 millions d’Evangéliques
dans le monde. En France, les Églises Evangéliques sont reconnues
par la Fédération Evangélique de France (FEF) qui appartient à la
FPF. • Le Pentecôtisme est né de mouvements de Réveil
particuliers qui se sont manifestés au début du 20e siècle, aux
États-Unis sous l’impulsion
du pasteur Charles Parham et de William J. Seymour. La particularité
théologique des pentecôtistes est de penser que le Saint Esprit est
donné au croyant lors d’une
expérience particulière, distincte du baptême d’eau
traditionnel : la baptême du Saint Esprit . Celui-ci confère au
croyant des dons particuliers comme le parler en langue, la
prophétie ou la guérison divine. Les Églises pentecôtistes se
font les témoins de l’Evangile
aux quatre angles « : Jésus sauve, baptise, guérit, revient ».
Par ailleurs, elles se situent dans la tradition protestante
évangélique et baptiste et se référent aux grands principes de la
Réforme : salut par la grâce, autorité de la Bible seule,
sacerdoce universel. Selon la Base de données chrétienne mondiale,
les pentecôtistes classiques sont au nombre de 200
millions.
Églises
historiques multitudinistes Dès
le début, elles sont organisées en plusieurs Églises en fonction
des courants théologiques ou des circonstances historiques. Elles
s'adressent dans le même mouvement à leurs membres et à la société
(d'où le terme « multitude »). Il s'agit : • des Églises
luthériennes • des Églises réformées (calvinistes ou
zwingliennes) • de l'Église anglicane
Églises
de professants et de confessants En
plus des luthériens, des réformés et des anglicans, la Réforme a
connu très tôt un quatrième courant, non « magistériel »,
accusé par les autres de mettre à côté ou au-dessus de la Bible
une illumination intérieure considérée comme subjective, et nommé
par eux « illuminés » ((de)
Schwärmer)
ou « Anabaptistes » (parce que, ne reconnaissant qu'un baptême
d'adultes, ils « rebaptisaient » ceux qui l'avaient été, enfants,
ailleurs). Les tenants de cette Réforme radicale affirmaient, eux,
que cette illumination intérieure était l'oeuvre du Saint-Esprit.
Sont les héritiers directs de la partie pacifiste de ce courant, les
Assemblées mennonites, dont les Amishes font partie. S'y rattachent
spirituellement les Baptistes et autres groupes apparentés issus à
diverses époques de l'anglicanisme, avec souvent une mise en valeur
de la piété face au « monde ». Dans les siècles suivants,
d'autres mouvements ont vu le jour à partir de « réveils »
spirituels du XIXe siècle. Le principal, issu de la prédication de
John Wesley, est le méthodisme. Conjuguant retour à la Bible, à la
prière et à l'engagement social, il est à l'origine de l'Armée du
Salut. Refusant la prédestination, confessant
la
responsabilité de l'individu dans sa propre foi, il est aussi la
source du pentecôtisme, né d'un Réveil plus récent. D'autres
Églises indépendantes, privilégiant un aspect ou un autre de la
foi ou de la pratique chrétienne, existent aussi : les Darbystes et
autres « Assemblées de frères », les Adventistes du septième
jour, etc. « Églises évangéliques » est le terme générique
qui regroupe toutes ces dénominations. La plupart du temps, hormis
dans le méthodisme classique, ce sont des « Églises de professants
ou de confessants » et non « de multitude » : elles demandent un
engagement et une profession de foi personnels à leurs membres et
quelques unes, de ce fait, ne baptisent que des adultes ou jeunes
adultes (elles sont « baptistes »). Certaines rebaptisent les
chrétiens venus d'autres Églises, car elles pensent que le baptême
d'enfants n'est pas valide. Ce terme s'applique aussi aux courants
fondamentalistes d'origine nord-américaine. Dans leur ensemble,
ces courants représentent au moins le quart du protestantisme
français actuel, soit 1% de la population française. Les Témoins
de Jéhovah qui ne croient pas en la Trinité ne se revendiquent pas
du protestantisme historique. Leur mouvement est né fin du XIXe
siècle aux États-Unis et n'a aucun lien avec le protestantisme,
mais serait issu du Christianisme tout de même.
Aujourd'hui
en France Vie Quotidienne Les Femmes Dès
ses débuts, la Réforme est pour les femmes, l'occasion d'une
réévaluation de leur rôle dans la famille, puis dans la société.
A partir du 16e siècle, les femmes peuvent avoir, selon la Reforme,
un accès à l’éducation.
Elles doivent apprendre à lire pour pouvoir étudier la Bible et
ainsi, élever chrétiennement leurs enfants. Les femmes protestantes
se révèlent alors plus instruites que les femmes catholiques. Leur
savoir les prépare à leur rôle de mère et d’épouse.
Ce siècle est également marqué par l’ouverture
d’écoles
pour filles dans les grandes villes protestantes (Nîmes, La
Rochelle…)
du royaume de France. Mais le pouvoir reste aux mains des hommes, les
femmes doivent rester de simples ménagères. On compte de nombreuses
femmes célèbres à cette époque, essayant de faire bouger les
dogmes : * Marguerite d’Angoulême
: soeur de François 1er, elle anima la vie intellectuelle de la
cour, fonction principalement détenue auparavant par les hommes. *
Renée de France : Fille de Louis XII, elle protégea Calvin de
l’Église
Catholique qui veut sa mort. * Marie Durand : Enfermée pendant 38
ans dans la Tour de Constance car elle refusait de renoncer au
protestantisme. Dès le 19e siècle, elles montrent de plus en plus
leur désir de prendre des responsabilités au sein de la société.
Elle manifeste ce désir notamment avec la publication de la Voix des
Femmes, un quotidien féministe qui réclamait l’égalité
homme-femme en politique. Le 20e siècle est marqué par la création
de nombreuses associations, mettant ainsi en évidence la capacité
des femmes à s’investir
dans la société française. On peut alors citer l’Union
Chrétienne des Jeunes Filles (UCJF) chargée de soutenir moralement
les jeunes filles venues des provinces pour trouver du travail ; ou
encore la Fédération Chrétienne des Eclaireuses, pionnière dans
le scoutisme. Mais il faudra attendre 1960 pour que les femmes soient
autorisées à devenir pasteurs à l’égal
des hommes.
Vie
économique Si
les activités de négoce et de banques sont des activités anodines,
il n’empêche
que lorsqu’elles
ont été engagées par des protestants, elles ont porté la trace
dans la durée. Ce fait tient à une certaine conception du travail
et aussi à des alliances réfléchies entre les familles
protestantes, lesquelles permettaient de consolider et de diversifier
l’activité.
De nombreuses entreprises, toujours en activité aujourd’hui,
ont été créées par des protestants et demeurent de véritables
réussites, comme par exemple : *la Banque Mallet : créée en
1713 par Isaac Mallet, elle fonda la Banque de France et finança de
nombreux projets architecturaux durant la rénovation de Paris
(Opéra…).
Aujourd’hui,
la banque s’appelle
la Schlumberger. *la manufacture de Jouy-en-Josas : créée en
1762 par Christophe Oberkampf, on y imprime la célèbre Toile de
Jouy, toujours utilisée en décoration de nos jours. L'histoire des
indiennes de coton en Europe montre dès 1700 une
floraison
d'usines dans la région de Genève, par une multitude de réfugiés
protestants ayant fui la révocation de l'Edit de Nantes. Ces usines
ont ensuite essaimé dans toute la Suisse protestante puis en Alsace
et enfin en Angleterre. *Peugeot : firme automobile créée en 1891
par Armand Peugeot (encore administrée par ses descendants de nos
jours), elle contribua à l’amélioration
des conditions sociales des ouvriers (les 10 heures hebdomadaires…).
Aujourd’hui,
elle appartient au groupe PSA (Peugeot et Citroën). *Les usines
de Dietrich : fondé au 18e siècle, De Dietrich est aujourd’hui
l’un
des leaders dans la vente de produits électroménagers.
L'Armée
du salut L'Armée
du Salut naît en pleine révolution industrielle, à la fin du 19e
siècle. Elle est créée, en 1878, par le pasteuranglais William
Booth, scandalisé par le spectacle des foules ouvrières qui
s'entassent dans les quartiers pauvres del'Est londonien (East End).
Pour lui, le changement ne s'opère pas au niveau des masses mais en
chaque individu (contrairement à l’idéologie
de Karl Marx). Le progrès social, politique et économique doit
découler d'une profonde transformation intérieure de l'homme,
réconcilié avec lui-même par la puissance de l'Evangile. Mais
William Booth sait qu'avant de parler à quelqu'un de religion, il
faut pouvoir lui proposer des conditions de vie décentes sur terre.
C'est l'origine de la devise devenue populaire : "Soup, soap,
salvation" (Soupe, savon, salut). En 1881, l'Armée du Salut
s'implante à Paris avec Catherine Booth. Aidée de deux camarades de
son âge, elle s'installe en plein quartier populaire de
Belleville-Ménilmontant. L'Évangélisation est accompagnée d'un
grand travail social : hôtelleries populaires, maisons pour jeunes
filles en danger. De nombreux postes de l'Armée du Salut sont créés
dans toute la France. Même si l'Armée du Salut est présente en
France depuis 1881, sa structure a évoluée. L'Armée du Salut des
débuts crée l'Association des OEuvres Françaises de Bienfaisance
de l'Armée du Salut, reconnue d'utilité publique en 1931. Après
avoir été interdite sous l'Occupation, l'AOFBAS renaît. Depuis le
11 avril 2000, l'Armée du Salut est scindée en deux ; la Fondation
Armée du Salut et la Congrégation Armée du Salut. La Congrégation
de l'Armée du Salut, dont la devise est "Avec Dieu, avec
l'autre, avec soi", porte les valeurs de l'Armée du Salut. Elle
dispose aujourd'hui de 25 postes d'évangélisation dans toute la
France et anime une aumônerie dans nombre d'établissements de la
Fondation. La Fondation de l'Armée du Salut, dont la devise est
"Secourir, accompagner, reconstruire", emploie 2000
salariés et compte 50 établissements d'action sociale en France.
Elle est habilitée à recevoir legs et donations. Elle intervient
notamment en période de grands froids pour secourir les sans-abri et
recueille des fonds en cas de catastrophes naturelles ou de guerre
dans le monde.
Aujourd'hui
Le
protestantisme arrive en troisième position en France, après le
catholicisme et l'islam. Aujourd’hui,
on dénombre entre 1,8 et 2,4 millions de fidèles en France dont 1,1
millions appartenants aux Églises reconnues par la Fédération
Protestante de France (FPF) et la Fédération Evangélique de France
(FEF). On trouve en France des Églises luthériennes, des Églises
réformées, des Églises évangéliques, des Églises pentecôtistes.
Il existe aussi quelques paroisses anglicanes à l'attention des
anglo-saxons résidant en France. Les protestants représentent
environ 2% de la population française contre 1.5% en 1995. 25% des
protestantsfrançais sont Evangéliques, 26% sont membres des Églises
réformées et 19% sont Luthériens. 40% des protestants ont moins de
30 ans. Ils sont en majorité progressistes en matière sociale (97%
défendent l’utilisation
d’un
préservatif) et hétérogènes en politique. 78% sont pour la
laïcité. 25% des pasteurs français sont des femmes. Cependant,
le protestantisme est inégalement réparti dans les régions. Il est
principalement implanté en Alsace (notamment à cause du fait que
pendant les guerres de religions, l’Alsace
était allemande) et le Languedoc.d’autres
régions (Bretagne, Centre), le protestantisme est très disséminé
alors que dans la reste de la France, il est surtout présent dans
les grandes villes. La Fédération Protestante de France (FPF) a été
créée le 25 octobre 1905 comme une union d’Églises
destinée à « défendre les intérêts protestants » dans le
contexte de la séparation de l’Église
et de l’État.
Elle fédère aujourd’hui
17 Églises et unions d’Églises.
Les annuaires protestants recensent 690 paroisses luthériennes et
réformées ainsi que 2000 communautés évangéliques actives en
France.
Histoire
•
1483 : Naissance de Martin Luther (Allemagne) • 1509 :
Naissance de Jean Calvin (France) • 1517 : Martin Luther publie
Les 95 Thèses dénonçant les travers de l’Église
catholique comme la vente des indulgences, et affirme que la Bible
doit être la seule autorité sur laquelle repose la foi. •
1521 : Excommunication de Luther. Il est protégé par le Duc
Frédéric de Saxe. • 1529 : Le Luthéranisme devient religion
d’État
en Suède, puis au Danemark en 1536. • 1536 : Calvin publie en
latin l’Institution
de la religion chrétienne • 1545 : Le concile de Trente
réaffirme les dogmes et la discipline de l’Église
Catholique. Il se termine en 1563. • Mai 1559 : Première
assemblée nationale des Églises réformées de France. • 1er
mars 1562 : Des protestants sont massacrés à Wassy par le duc de
Guise, ce qui marque le début des guerres de Religion. • 8
guerres de religion (1562-1598) : La France connaît au XVIe siècle
une fracture religieuse : la grande majorité du pays reste fidèle
au catholicisme, tandis qu'une importante minorité rejoint la
Réforme. Le principe de la coexistence de deux confessions dans le
Royaume se révèle inapplicable. La guerre ne peut être évitée,
signe de l'échec de la tolérance civile. Huit guerres vont se
succéder sur une durée de 36 ans, entrecoupées de périodes de
paix fragiles. • 18 août 1572 : Mariage d’Henri
de Navarre et de Marguerite de Valois à Paris. • 23-24 août
1572 : Massacre de la Saint Barthélemy à Paris : un Conseil royal
se réunit, au cours duquel il est décidé d'éliminer les
principaux chefs huguenots. Coligny et d'autres gentilshommes
protestants sont assassinés tant au Louvre qu'en ville. Cette
exécution d'un nombre limité de chefs huguenots est suivie d'une
tuerie sauvage qui va durer jusqu'au 29 août et fait dans Paris 4000
victimes. Le massacre s'étend alors à la province où l'on dénombre
10.000 tués. Le massacre marque le début de la quatrième guerre de
religion. • 25 juillet 1593 : Henri IV se convertit au
catholicisme, ce qui lui permet d'accéder enfin au trône de France
auquel il prétendait depuis 1589. C’est
à propos de cette cérémonie qu’il
aurait prononcé la célèbre phrase : « Paris vaut bien une messe »
• 30 avril 1598 : Henri IV signe l’Edit
de Nantes qui reconnaît la liberté de culte aux protestants. La
promulgation de cet édit met fin aux guerres de religion qui ont
ravagé la France au XVIe siècle, et constitue une amnistie mettant
un terme à la guerre civile. Le royaume de France est alors le seul
État où deux religions coexistent officiellement. • 14 mai
1610 : Assassinat d’Henri
IV par François Ravaillac, un catholique fanatique en désaccord
avec les réformes religieuses du Roi. • 18 octobre 1685 :
Louis XIV signe l'Edit de Fontainebleau révoquant l’Edit
de Nantes. Le protestantisme est interdit dans le royaume de France.
S’en
suivit alors la période du Désert, période de persécutions des
protestants pendant plus d’un
siècle. • 7 novembre 1787 : Louis XVI rend aux protestants une
existence légale par l’Edit
de Tolérance qui leur donne un état-civil. • 26 août 1789 :
Adoption de la Déclaration des Droits de l’Homme
et du Citoyen (DDHC) qui promulgue la liberté de culte. • 8
avril 1802 : Napoléon Bonaparte par la loi du 18 germinal an X
rétablit officiellement et organise définitivement le culte
protestant. • 25 octobre 1905 : création de la Fédération
protestante de France. Le président actuel est Claude Baty (2007- )
• 9 décembre 1905 : Aristide Briand, député socialiste, fait
voter la loi sur la séparation des Églises et de l’État.
Les protestants sont en grande majorité favorables à celle-ci,
contrairement aux catholiques beaucoup plus hostiles à cette
réforme. Ceci marque cependant l’achèvement
d’un
affrontement violent qui a duré presque vingt-cinq ans et qui a
opposé deux visions de la France : la France catholique royaliste et
la France républicaine et laïque. • 1997 : Jean-Paul II en
visite en France déclare officiellement qu'il regrette qu'en 1572
que « des chrétiens (aient) accompli des actes que l'Evangile
réprouve ». • 1998 : Commémoration du quatrième centenaire
de l'Edit de Nantes.
Les
personnalités du protestantisme Cette
section contient une liste de pasteurs, de théologiens et de
personnalités impliquées dans la pensée protestante. •
Pierre Valdo (à l'origine de l'Église Vaudoise) : 1140-1206 XIIe
siècle • John Wyclif : 1320-1384 • Jan Hus : 1369-1415
• Martin Luther : 1483-1546 • Ulrich Zwingli : 1484-1531
• Guillaume Farel : 1489-1565 • Martin Bucer :
(1491-1551) • Philippe Melanchthon : 1497-1560 • Andreas
Cellarius (théologien) : 1503-1562 • David Joris : 1501-1556
• Heinrich Bullinger : 1504-1575 • Jean Calvin :
1509-1564 • John Knox : 1513-1572 • Sébastien Castellion
: 1515-1563 • Gaspard de Coligny : 1519-1572 • Théodore
de Bèze : 1519-1605 • Guy de Brès : 1522-1567 •
Élisabeth Ire d'Angleterre : 1533-1603 • John Napier :
1550-1617 • Henri IV : 1553-1610 • Catherine de Parthenay
: 1554-1651 • Henri de Rohan : 1574-1638 • Moïse Amyraut
: 1596-1664 • Henry Xhrouet, dit Chrouet : 1621-1691 •
David Martin : 1639-1721 • Jacques Abadie : 1654-1727 •
Abraham Mazel : 1677-1710 • Elie Marion : 1678-1713 •
Jean Cavalier : 1680-1740 • Jean-Sébastien Bach : 1685-1750 •
Paul Rabaut : 1718-1794 • Jean-Frédéric Oberlin : 1740-1826
• Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne : 1743-1793 •
François-Antoine de Boissy d'Anglas : 1756-1826 • John Nelson
Darby : 1800–1882
• Guillaume Adam de Félice : 1803-1871 • John Bost :
1817–1881
• Henri Dunant : 1828-191 • Eugène Bersier : 1831-1889
• Albert Schweitzer : 1875-1965 • Marc Boegner :
1881-1970 • Karl Barth : 1886-1968 • Madeleine Barot :
1909-1995 • Jacques Ellul : 1912-1994 • Billy Graham :
1918- • Martin Luther King : 1929-1968 • Jean Baubérot :
1941- • Jean-Arnold de Clermont : 1941- • Jean de Visme :
1760-1819 • Paul Ricoeur : 1913-2005 • André Lortie :
XVIIe-?
Personnalités
protestantes françaises •
Jeanne d'Albret (1528-1572) –
Mère
de Henri IV • Gaspard André (1840-1896) –
Architecte
Lyonnais qui construisit le Grand Temple Protestant de Lyon (1884) •
Baptiste Androuet du Cerceau (1545-1590) –
Architecte
qui commença la construction du Pont-Neuf à Paris • Jacques
II Androuet du Cerceau (1550-1614) –
Architecte
qui édifia l’Hôtel
de Mayenne • Jean Androuet du Cerceau (1585-1649) –
Architecte
qui construisit l'hôtel de Sully à Paris en 1624 et le célèbre
escalier en fer de Fontainebleau (1623) • Louis Archinard
(1850-1932) –
Général
Français qui contribua à la conquête coloniale de la France en
Afrique occidentale • Louis-Pierre Baltard (1764-1846) –
Architecte,
qui construisit le Palais de Justice de Lyon (1835) • Victor
Baltard (1805-1874) –
Architecte,
constructeur des Halles centrales de Paris (Pavillon Baltard, plateau
de la Nouvelle Star) • Madeleine Barot (1909-1995) –
Résistante
• Auguste Bartholdi (1834-1904) –
Sculpteur
de la Statue de la Liberté • Pierre Bayle (1647-1706) -
philosophe et écrivain • Alain Bombard (1924-2005) –
Médecin
et biologiste • Paul Broca (1824-1880) –
Chirurgien
neurologue • Salomon de Brosse (1571-1626) –
Architecte
qui construisit le palais du Luxembourg • Ferdinand Buisson
(1841-1932) –
Cofondateur
et président de la Ligue des droits de l'homme • Jean Calvin
(1509-1564) –
Réformateur
et théologien • Sébastien Castellion (1515-1563) –
Traducteur
de la Bible en Français • Georges Clemenceau (1841-1929) –
Homme
politique • Valentin Conrart (1603-1675) –
Fondateur
de l’Académie
Française Protestantisme 10 • Maurice Couve de Murville
(1907-1999) - homme politique, Premier ministre (1968-1969) •
Georges Cuvier (1769-1832) - paléontologue, père de l'anatomie
comparée • Gaston Deferre (1910-1986) –
Homme
politique, époux d’Edmonde
Charles Roux • Frank, Julien et Emile Delmas - créent en 1867
la société maritime Delmas • Pierre Denfert-Rochereau
(1823-1878) –
Militaire
français, resté célèbre pour avoir dirigé la résistance de la
place forte de Belfort durant la guerre franco-allemande de 1870 •
Gaston Doumergue (1863-1937) –
13ème
président de la République Française • Pierre Dugua de Mons
(1559-1641) –
Premier
colonisateur du Canada • Pierre Samuel du Pont de Nemours
(1739-1817) –
Un
des rédacteurs du traité de 1783 qui reconnut l'indépendance
américaine • Abraham Duquesne (1610-1688) - Lieutenant général
de la marine de Louis XIV • Jacques Ellul (1912-1994) –
Un
des principaux penseurs au XXe siècle de la technique • Jeanne
Galzy (1883-1977) –
Écrivain
• André Gide (1869-1951) –
Écrivain
• Jean Goujon (1510-1567) –
Sculpteur
et architecte • François Guizot (1787-1874) - historien et
homme politique français • Georges Eugène Haussmann
(1809-1891) –
Rénovateur
de Paris • Henri de Navarre qui devient le roi Henri IV
(1553-1610) –
Roi
de France (1589-1610) • Lionel Jospin (1937- ) –
Homme
politique, Premier ministre (1997-2002) • Pierre Joxe (1934- )
–
Homme
politique • Jules François René Ladreit de la Charrière
(1833-1903) –
Médecin
oto-rhino-laryngologiste • Hubert Latham (1883-1912) -
aviateur, premier à franchir l'altitude de 1000 m • Pierre
Loti (1850-1923) –
Écrivain
• Jacques Monod (1910-1976) - scientifique, découvreur de
l'ARN messager, prix Nobel de médecine • Théodore Monod
(1902-2000) –
Scientifique,
naturaliste, explorateur, érudit et humaniste • Etienne
Oehmichen (1884-1955) - ingénieur, inventeur de l'hélicoptère en
1921 • Bernard Palissy (1509-1589) –
Potier
qui découvrit les secrets des émaux • Denis Papin (1647-vers
1712) –
Physicien
qui découvrit la force de pression de la vapeur et inventa la «
marmite de Papin » (ancêtre de la cocotte-minute) • Ambroise Paré
(1509-1590) –
«
Père » de la Chirurgie • Eugène Peugeot (1844-1907) -
industriel, co-fondateur de la marque automobile Peugeot •
Armand Peugeot (1849-1915) - industriel, co-fondateur de la marque
automobile Peugeot • Renaud Séchan (Renaud) –
Chanteur
• Augustin Rey (1864-1934) –
Architecte
• Paul Ricoeur (1913-2005) –
Philosophe
• Michel Rocard (1930-) –
Homme
politique, Premier ministre (1988-1991) • Louis-Nathaniel
Rossel (1844-1871) –
Homme
politique (un des principaux acteurs de la Commune de Paris) •
Jean-Paul Sartre (1905-1980) –
Écrivain
et philosophe • Victor Schoelcher (1804-1893) –
Homme
politique anti-esclavagiste • Albert Schweitzer (1875-1965) –
Lauréat
du prix Nobel de la paix en 1952 • Louisa Siefert (1845-1877) –
Écrivain
• Jules Siegfried (1837-1922) - négociant et homme politique,
fondateur des Écoles de Commerce de Mulhouse, Lyon, Rouen, Le Havre,
père de la Loi sur l'Habitat à Loyer Modéré (HLM) •
Germaine de Staël (1766-1817) –
Écrivain
• Maximilien de Béthune, duc de Sully (1559-1641) - pair de
France, prince souverain d'Henrichemont et de Boisbelle, ministre des
finances du roi Henri IV • Henri de la Tour d'Auvergne-Bouillon,
vicomte de Turenne (1611-1675) - maréchal de France
Fêtes
et rassemblements Dans
les Églises historiques européennes, en plus des fêtes chrétiennes
(référées à Jésus-Christ selon la Bible), on célèbre parfois :
• une fête des Récoltes, le premier dimanche d'octobre ; •
la fête de la Réformation, le 31 octobre ou, à défaut, le
dimanche précédent, commémorant l'affichage des 95 thèses de
Luther ; • l'assemblée du Musée du Désert, le premier
dimanche de septembre, à Mialet dans les Cévennes, en souvenir des
Camisards; beaucoup de protestants issus des pays du Refuge s'y
rendent généralement.
Mais
d'abord une brève histoire du Protestantisme en
Cévennes
1230/1240 Les
Vaudois au 13e siècle sont des chrètiens qui réclament la messe en
langue populaire, la bible pour tous, et refusent la confession.
Ayant été assimélés aux cathares ils sont massacrés en même
temps et deviennent clandestins pendant deux siècles. Les vallées
Vaudoise d'Italie au delà du Quéras, entre la frontière italienne
et Turin sont les jumelles de nos Cévennes.fin 1490 Les
Protestants se réunissent dans La
Cause
sous la ménace de l'intolérance du pouvoir catholique. Les
questions se posent sur l'essence de la foi et les convictions, comme
par example par Erasme.Le
détonateur : l'affaire des indulgences: Pour construire Saint
Pierre de Rome le pape envoie des moines vendre des certificats
d'indulgence pour aller au paradis. - 1517 Le
seigneur de Cadoine à Saint-Etienne-Vallée-Française, était déjà
sensibilisé à la pensée luthérienne à , il prêchait les
idées de Luther
et fût emprisonné. - 31
oct. 1517
Luther
affiche 95 thèses qui allaient donner naissance à la Reformation
L'arrivée de la réforme se synchronise avec le
développement de l'industrie de la soie. Produite à Anduze, livrée
à Nîmes la soie est remontée par le Rhône à Lyon. Des échanges
bancaires se font avec Genève ou se trouve Calvin
et le debat sur la structure d'une civilisation s'ouvre plus large.
- 1534
Calvin publie son livre sur l'institution chrétienne. -1540
Anduze: première ville ou a prêché un prêtre cordelier; il a
été pendu trois jours après. -1550 L'alphabétisation
était très avancée dans la région. Dans la plupart des villages,
même les plus reculés, il y avait des écoles communales ou on
apprenait à lire aux garçons. Dans presque toutes les maisons,
on avait une bible et quelqu'un qui savait lire. Une autre raison
pour le grand impact du Protestantisme était probablement la
descendance des Cathares. -1560
Apparition du grand mouvement de conviction par les temples
construits - Anduze, Saint-Jean-du-Gard, Saint-Germain-de-Calberte,
Barre-des-Cévennes. -
1550/1560 Le
protestantisme est adopté officiellement dans les plus vieilles
églises des Cévennes.On y ajoute Marvejol, St Léger de Peyre,
Serverette. ° Eglise protestante = paroisse conversion se fait
massivement dans les Cévennes. par exemple: à Meyrueis, sur 4224
habitants, 21 seulement restent catholiques. Seule exception
Fraissinet de Fourque (à cause de son autoritaire curé) et
St-André-de-Majenca. Les 7 à 8 millions protestants pour 18
millions d'habitants en France (1560), se sentent ménacés. -
1562 Les
tensions entre catholiques et protestants commencent à s'aggraver.
1586 Henri IV, protestant, arrive au trône, jusqu'à 1610. Le Duc de
Joyeuse assiège Marvejols, rase les trois temples de Marvejols et St
Léger de Peyre. -
1598 l'Edit
de Nantes donne la liberté de conscience totale et la liberté de
religion sous certaines conditions: - liberté de pratiquer le
culte protestant qui avait déjà été autorisé dans quelques
villages où le seigneur était protestant. °de pouvoir accéder
à toutes les fonctions et à tous les métiers. °de bénéficier
de tribunaux spéciaux dits Chambres de l'édit où siégeaient à
nombre égal des juges protestants et catholiques. °de disposer
d'environ 70 villes, bourgs et châteaux pouvant servir de lieux de
refuge (place de sûreté): La Rochelle, Montauban,
Castres, Montpellier, Nîmes, Uzès, Privas, Montélimar. La
liberté du culte est respectée jusqu'a la mort de Henri IV en 1610.
Le successeur d'Henri IV, Louis XIII et surtout son ministre
Richelieu n'eurent pas les mêmes opinions sur le protestantisme :
ils voulurent éliminer la Cause, c'est-à-dire le parti des
protestants français.
1620/1630 1620
Arrivée de Richelieu sous Louis XIII . Tout ce qui n'était pas
expressément autorisé devient interdit. Le parti des protestants
français, la Cause est trop indépendant et donc insupportable au
pouvoir royal. 1620
- 1630
la guerre de Rohan Duc Henri de Rohan ayant gardé la religion
protestante (gendre de Sully) réunit les villes du Midi
et de l'Ouest pour se révolter contre le Roi. 1622
Alès et Montpellier sont entièrement détruites. 1628
Les protestants font rappel à l'étranger; ensemble avec les
Anglais, ils assiègent la Rochelle pendant treize mois. L'épisode
le plus célèbre de la lutte contre la Cause fut la reprise par les
troupes royales. Le château de Meyrueis est assiégé par Rohan .
Le Duc accepte de négocier. 1629
La paix d'Alès reconnaît le droit à l'existence des églises
protestantes mais supprime les places de sûreté et les garnisons.
1630
La grâce d'Alès met fin aux guerres. Tous les droits de culte sont
rétablis. Mais le roi ordonne la destruction de toutes les
fortifications des villes ayant participé à la révolte. Sans
Richelieu, la France aurait éclaté en deux parties. Le sud
protestant et le nord (royal) catholique. -
1685
1L'Edit de Fontainebleau connu sous le nom "Révocation de
l'Edit de Nantes" va mener la vie insupportable aux protestants,
appelés huguenots, calvinistes ou injurieusement: parpaillots,
fanatiques ou même hérétiques. Avec l'interdiction aux protestants
d'être enterrés aux cimetières publics sont apparus les cimetières
familiales à proximité du mas,(ou parfois même dans la cour). Les
sépultures traditionnelles sont marquées par deux lauzes et, à
partir du 19ème siècle, souvent par un cyprès qui symbolise la
flamme d'éternité. Encore aujourd'hui, la plupart des
protestants préfère être enterré à côté de la famille plutôt
qu'au cimetière communal.
COMPRENDRE
LE PROTESTANTISME EN CEVENNES ET LA REVOLTE DES CAMISARDS
La
Révocation de l'Edit de Nantes de 1685 Louis
XIV,
par absolutisme royal et volonté d’unité politique et religieuse
va supprimer la liberté de culte aux Protestants en révoquant en
1685 l’Edit de Nantes qu’avait signé Henri IV en 1598 et qui
apportait la paix religieuse en France après les Guerres de
Religion. Tous les moyens sont bons pour obtenir l’abjuration de
ceux de la « R.P.R. », Religion Prétendue Réformée.
Moyens incitatifs : la loi prive peu à peu les protestants de
toute liberté civile, professionnelle ou religieuse. L’Edit de
Nantes se vide de son contenu. Tout est prétexte à la démolition
des temples et à des frustrations. Moyens répressifs : On
enlève les enfants des réfractaires, les dragonnades imposent aux
réformés le logement des troupes de soldats appelés
« missionnaires bottés » qui, par la violence et la
ruine, obtiennent des abjurations de masse.
En octobre 1685,
l’Edit de Fontainebleau révoque l’Edit de Nantes, interdisant le
culte protestant. Il précise les mesures qui préviendront tout
retour à l’ancienne doctrine : les temples sont rasés, les
pasteurs envoyés en exil, les frontières sont fermées au vu de
l’hémorragie démographique et économique que la répression a
suscitée, les enfants doivent obligatoirement être enseignés dans
la religion du roi… Nombreux seront ceux qui, attachés à
leur foi, et n’étant pas partis en exil dans les pays du "Refuge"
(Suisse, Allemagne, Hollande, Angleterre, …), se réuniront "au
Désert", à l’abri des regards, dans des endroits cachés,
pour célébrer le culte interdit, organisant une “église de
l’ombre”, clandestine, pendant plus d’un siècle en risquant la
mort, les galères ou la prison à vie. Les Cévennes vont être le
théâtre de la Guerre des Camisards. Révolte armée pour tenter de
retrouver la liberté de culte, elle opposera quelque 3.000
protestants, les Camisards, à environ 30.000 soldats, de 1702 à
1704, sans réussir à fléchir l’intolérance et la répression.
Il faudra attendre la Révolution Française (1789) pour que
soient proclamés la liberté de conscience et le libre exercice du
culte. C’est cette histoire qu’évoque le Musée du Désert. Un
siècle de clandestinité et de résistance pour la foi. Un siècle
de répression et d’intolérance qui n’a pu éteindre cette foi.
Il veut être le témoin d’un passé héroïque pour la défense
d’une liberté, mais aussi donner conscience de l’héritage
acquis par ces luttes : héritages spirituel et culturel qui
transparaissent aujourd’hui dans la mentalité et la culture
cévenoles.
Conséquence directe de la Révocation de l’Edit
de Nantes, la Guerre des Camisards éclata en Cévennes en 1702.
Alimentée par les arrestations, condamnations et
persécutions redoublées dans cette région où beaucoup, malgré
les abjurations de façade, étaient restés protestants, la révolte
grondait. Elle commença le 24 juillet 1702 par le meurtre de l’abbé
du Chayla. Cet abbé, grand vicaire de l’évêque de Mende et
inspecteur des missions, s’était rendu odieux aux populations par
ses abus de pouvoir et la rigueur de sa surveillance sur les Nouveaux
Convertis. Il avait à ce moment là emprisonné des suspects dans sa
maison du Pont de Montvert. Un jeune homme qui prophétisait, Abraham
Mazel, après avoir réuni quelques compagnons, donna l’assaut à
la geôle, et délivra les prisonniers. L’abbé fut tué en
cherchant à fuir. Les assaillants formèrent la première troupe de
Camisards.
Pourquoi « Camisards » ? Les
révoltés, paysans et artisans n’avaient comme seul uniforme et
signe de reconnaissance que leur chemise (camiso en occitan).
Ce
fut la guerre des Camisards, non point guerre civile, mais révolte
armée contre une domination qui se voulait spirituellement
totalitaire. Les Camisards se soulevèrent pour défendre la liberté
religieuse, plus concrètement la liberté d’être protestant en
France. Ils ont toujours protesté de leur fidélité au roi, ne se
donnant d’autre but de guerre que le rétablissement de la liberté
de leur culte.
C’étaient des gens du peuple, paysans,
tisserands, cardeurs de laine, de jeunes gens pour la plupart. Ils ne
furent jamais que 2500 à 3000, qui tinrent en échec pendant deux
ans, de 1702 à 1704, les 25000 à 30000 soldats des troupes royales.
Leur mobilité, leur familiarité avec un terrain sauvage, les
complicités qu’ils rencontraient parmi les habitants leur
permirent de tenir bon face à une armée qui n’était pas habituée
à une guerre de maquis. La Vallée des Camisards, avec son pont,
aussi bien que le panorama des hautes montagnes cévenoles, sont
typiques de l’environnement où se situa ce que plus tard on appela
le Théâtre sacré des Cévennes. Avant de marcher à l’ennemi,
ils mettaient genou en terre et entonnaient le psaume 68, le psaume
des batailles :
« Que
Dieu se montre seulement Et l’on verra dans un moment
Abandonner la place ; Le camp des ennemis épars,
Epouvanté, de toutes parts Fuira devant sa face. On
verra tout ce camp s’enfuir Comme l’on voit s’évanouir
Une épaisse fumée ; Comme la cire fond au feu Ainsi
des méchants devant Dieu La force est consumée ».
Deux
chefs s’imposèrent pour la conduite des opérations, autant par
l’exaltation de leur foi que par leur habileté tactique, Roland
et Cavalier.
Roland est chez lui au Musée du Désert, avec sa Bible de famille,
usée à force d’avoir été méditée. Cavalier est présent par
le portrait qu’en a donné le peintre Labouchère : il y est
peint en pleine action de guerre, à cheval, escorté de son prophète
(c’était l’habitude camisarde de ne pas engager le combat sans
avoir écouté ces inspirés). De ces deux compagnons d’armes, la
séparation marqua la fin de la guerre des Camisards, encore qu’il
en soit sorti des étincelles éphémères jusqu’en 1710 :
Roland fut trahi et tué en août 1704 ; Cavalier jugeant perdue
la cause des révoltés, avait déjà traité avec le Maréchal de
Villars ; il obtint de sortir de France avec sa troupe et
poursuivit comme colonel une carrière dans l’armée anglaise.
La
rébellion écrasée, les assemblées demeuraient interdites,
traquées et sévèrement réprimées. La liberté de culte
tant attendue par les Camisards ne sera obtenue qu’à la Révolution
française en 1789.
La
"guerre des camisards"
est
ce soulèvement armé
qui mobilisa les protestants des Cévennes et d'une partie de la
plaine du Bas-Languedoc contre le pouvoir royal de 1702 à 1705. On
fait traditionnellement commencer cette guerre, ou plus exactement ce
que l'on appellera plus tard une guérilla, au 24 juillet 1702, avec
l'assassinat de l'abbé du Chaila au Pont-de-Montvert (le
tricentenaire de cet événement a été commémoré en 2002). Mais
le feu couvait sous la cendre depuis longtemps, et on ne peut aborder
cette guerre sans étudier le mouvement prophétique,apparu en
Dauphiné (dans le département actuel de la Drôme) en février
1688, introduit en Vivarais (Ardèche actuelle) en janvier 1689, et
se répandant en Cévennes à partir de 1700. On ne peut également
séparer cette guerre des camisards d'actions armées antérieures
comme celle du prédicant Vivent. Notre période d'étude prendra
donc en compte toute la période antérieure au déclenchement de la
guerre, depuis la Révocation de l'édit de Nantes en 1685. De
même, si la guerre des camisards proprement dite se termine avec la
reddition des derniers (ou presque) insurgés en janvier 1705, il y
aura encore plusieurs soubresauts : en avril-mai 1705 le "complot
de la Ligue des Enfants de Dieu", en 1709 la mobilisation d'une
troupe armée en Vivarais par Abraham Mazel, puis après son échec
une nouvelle tentative en Cévennes et Bas-Languedoc en 1710. Mais
la date que nous retiendrons comme terme des événements présentés,
est celle de 1715 : avec l'arrivée d'Antoine Court en Cévennes, et
la recomposition de l'appareil protestant dans le Languedoc
(consacrée au premier synode du Désert, tenu aux Montèzes), avec
aussi la mort de Louis XIV, nous passons réellement dans une autre
phase de l'histoire du protestantisme. Nous n'hésiterons pas
cependant à aller au-delà de 1715 pour des informations ponctuelles
comme la mort de différents protagonistes, la mise en liberté de
galériens ou prisonniers, etc.
Toutefois, il ne s'agit pas
de prendre en compte tout ce qui se passe entre 1685 et 1715, mais
seulement ce qui a trait directement ou indirectement à la guerre
des camisards. Une chronologie, qui sera progressivement affinée
et complétée, donne la trame événementielle de cette guerre.
Sur le plan géographique, si le théâtre de la guerre est
situé essentiellement en Cévennes et dans la plaine du
Bas-Languedoc, il ne faut pas oublier que les camisards tentèrent à
plusieurs reprises de soulever les populations protestantes des
régions voisines : le Vivarais, voire le Dauphiné, et le Rouergue.
Les diverses prisons où furent enfermés des camisards sont parfois
situées bien loin des Cévennes : Perpignan, le château de
Carcassonne, Marseille et ses galères. Enfin, nous ferons des
incursions dans les pays du " Refuge " où des camisards se
retirèrent (où furent obligés de se retirer), souvent attendant
une occasion favorable de reprendre la lutte. Notre cadre
géographique prendra en compte ces données et sera suffisamment
large pour permettre de traiter la guerre des camisards dans toute
son extension.
Chronologie
de la guerre des camisards - 1685-1699,
période des prédicants, où apparaissent déjà, pour certains
d'entre eux, des conduites qui préfigurent la guerre des camisards,
comme la légitimité de la défense armée des assemblées ou
l'utilisation de la violence pour éliminer traîtres, apostats ou
les persécuteurs les plus acharnés. -
1685.
Après la conversion forcée par les " missionnaires bottés "
(les Dragons) de la quasi totalité des protestants du Languedoc,
devenus ainsi des " Nouveaux convertis ", l'Edit de Nantes
est révoqué le 18 octobre. Ceux qui résistent à la conversion
s'enfuient à l'étranger (dans les pays du Refuge) ou deviennent des
clandestins, se cachant dans les maisons amies, dans les bois et dans
les baumes (cavernes). De ces clandestins sont issus les premiers
prédicants, dès le début de l'année 1686. Arrêtés, ces
réfractaires rempliront prisons et forteresses, iront ramer sur les
galères. Ils y rejoindront ceux qui ont eu la malchance d'être
arrêtés dans leur tentative de fuite hors de France. -
1686-1688.
De nombreux protestants, cévenols et languedociens surtout, sont
déportés aux " îles de l'Amérique ". Beaucoup périront
au cours du voyage, de maladie, d'épuisement ou au cours de
naufrages. La plupart de ceux qui résistèrent purent regagner
l'Europe par des bateaux de pays protestants. Cette déportation, qui
visait à terroriser les populations protestantes, toucha entre 500
et 1000 personnes. Cette répression n'empêcha pas que les
cultes, rassemblant nombre de réfractaires, se firent dorénavant
dans la clandestinité, animés par les prédicants. Chaque surprise
d'assemblées se solda dès lors par des morts, des arrestations, des
condamnations à la prison à vie, aux galères, à la mort bien
souvent. François Vivent, de Valleraugue, le plus hardi des
prédicants n'hésite pas à préconiser la défense armée des
assemblées. Traqué, il doit se résoudre à négocier sa sortie du
pays avec ses compagnons à la fin de l'année 1687. -
1688.
La révolution d'Angleterre remplace le catholique Jacques II par le
calviniste Guillaume III d'Orange. 1688-1689.
Le prophétisme se répand en Dauphiné (Isabeau Vincent février
1688) et en Vivarais par le Gabriel Astier originaire de Cliousclat
dans le Dauphiné. - 1689.
Début de la guerre de la ligue d'Augsbourg. -
Juillet 1689.
Vivent revient en Languedoc avec d'autres prédicants qui s'étaient
exilés avec lui et avec des nouveaux comme Claude Brousson. -
Août-septembre
1689.
Glorieuse rentrée des Vaudois dans leurs vallées alpines. -
Septembre 1689.
Réunion armée à la Cam de l'Hospitalet provoquée par Vivent en
vue d'un soulèvement. Echec du soulèvement et forte répression
dans la région de Florac. Ce soulèvement est lié à un projet de
pénétration en France des puissances protestantes. -
1691.
Nombreux prédicants exécutés, meurtres de prêtres ou d'apostats
par les hommes de la troupe du prédicant Vivent. - Le
19 février 1692,
Vivent est tué dans la grotte de Carnoulès (commune actuelle de
St-Sébastien d'Aigrefeuille dans le Gard). - Fin
1693,
Brousson, qui après l'échec du soulèvement de Vivent avait adopté
une position non-violente, quitte la France, et reçoit l'imposition
des mains en Suisse en mars 1694. Après un séjour comme pasteur à
La Haye, il reviendra dans le nord de la France. - 1694-1696.De
nouveaux prédicants se lèvent, dont Daniel Bas et surtout le
Dauphinois Roman, le paquetou (le petit colporteur). - 1697.
La Paix de Ryswyk met fin à la guerre de la Ligue d'Augsbourg ayant
opposé Louis XIV aux puissances protestantes d'Europe. Les
protestants de France sont les oubliés de la paix. - 1697-1698.
Brousson, après avoir parcouru le Dauphiné et le Vivarais revient
en Languedoc et en Cévennes. - 3
novembre 1698,
Brousson, arrêté à Oloron en Béarn, est condamné à mort et
exécuté à Montpellier. - 10
août 1699,
le prédicant Roman, emprisonné, est délivré par la force par une
troupe de protestants de la Gardonnenque, et se retire en Suisse.
C'est la fin de la période des prédicants 1699-1702, il n'y a plus
de prédicants en Cévennes et Bas-Languedoc. Comme une traînée de
poudre se répand alors le prophétisme. Au cours de centaines
d'assemblées improvisées, la plupart du temps en plein jour, au vu
et su de tout le monde, des jeunes gens et des jeunes filles "
fanatisent " et appellent leurs auditeurs à la repentance. Les
prisons regorgent vite de ces " inspirés ". - 1701.
Début de la guerre de succession d'Espagne. Elle durera jusque 1713.
J-Juin
1701.
Affaire de Vallérargues. La population arrache les prophètes des
mains des prêtres, et saccage l'église.
1702
- Printemps
1702.
Plusieurs de ceux qui seront parmi les " déclencheurs " de
la guerre des camisards, sont déjà plus ou moins clandestins :
c'est le cas par exemple d'Esprit Séguier ; de l'un des frères
Rampon ; de Gédéon Laporte ; d'Abraham Mazel. - 24
juillet 1702.
Meurte de l'abbé du Chaliat au Pont-de-Montvert. Cette date est
traditionnellement retenue comme marquant le début de la guerre des
camisards, dite à l'époque " guerre des Cévennes ". Une
importante rafle se déroule dans les Cévennes parmi les "
Nouveaux Convertis ". - 28
juillet 1702.
Escarmouche au Plan de Fontmort. Esprit Séguier est arrêté et sera
exécuté au Pont-de-Montvert. Deux autres des probables auteurs du
meurtre de l'abbé du Chaila seront exécutés : Moïse Bonnet devant
l'église de St-André-de-Lancize, et Pierre Nouvel au château de la
Devèze. - 13
août 1702.
Meurtre de Mr de Saint-Côme près de Vauvert (Gard). - 11
septembre 1702,
combat de Champdomergue, entre Saint-Frézal-de-Ventalon et le
Collet-de-Dèze. Les camisards font bonne figure, et on y remarque le
jeune Jean Cavalier. -
22 octobre 1702,
combat du vallon de Témélac, où Gédéon Laporte, premier chef
militaire des camisards, trouve la mort. - Novembre-décembre
1702,
premiers succès camisards. - 24
décembre 1702,
déroute de la bourgeoisie d'Alès au Mas de Cauvi, contre la troupe
de Cavalier. - 27
décembre 1702.
Les camisards prennent Sauve (Gard).
1703
- 12
janvier 1703.
Combat du mas de Gaffarel (appelé aussi du Val de Bane). Le
capitaine Poul (l'un des plus hardis capitaines catholiques), y
trouve la mort. - 6
février 1703 les
camisards investissent les villages de Mons et Monteils -
10
février 1703.
Les camisards essayent de pénétrer en Vivarais. Ils sont battus à
Vagnas. - 14
février 1703.
Le maréchal de Montrevel remplace de Broglie à la tête de l'armée
- 21
février 1703.
Massacre du village catholique de Fraissinet-de-Fourques par les
camisards. - 6
mars 1703.
Défaite des camisards à Pompignan. - 27-29
mars 1703.
Arrestation des habitants protestants de Mialet et de Saumane. Ils
seront déportés à Perpignan. - 1er
avril 1703.
Massacre des protestants assemblés au moulin de l'Agau à Nîmes. -
29-30
avril.
Combat de la Tour de Billot près d'Alès. -
12 mai 1703.
Arrestation du baron de Salgas. Condamné aux galères, il y restera
jusqu'en 1713. - 18
mai 1703.
Bataille de Bruyès (près des bois d'Euzet dans le Gard). -
4 juillet 1703.
Massacre de Valsauve (Gard) par les camisards. -
12 septembre 1703.
Massacre de Potelières par les camisards - Septembre
1703, la
décision de dépeupler les hautes Cévennes est prise. -
18 septembre 1703.
Tentative de soulèvement du Rouergue avec Catinat. -
20 septembre 1703.
Massacres de Saturargues et St-Sériès par les camisards. -
30 septembre-14 décembre 1703,
brûlement des Cévennes par les troupes royales commandées par le
maréchal Julien. -
20 décembre 1703, combat
de la Madeleine près de Tornac.
1704
-
17 janvier 1704.
Embuscade camisarde du Pont-de-Vallongue (commune de Soudorgues dans
le Gard). -
Février 1704.
Insurrection camisarde dans le Vivarais noyée dans le sang. Le
village de Franchassis est détruit. Massacres de Catinat en
Camargue. Meurtres et pillage des Cadets de la Croix. -
14 mars 1704.
Ecrasante victoire des camisards commandés par Cavalier sur les
meilleures troupes royales à Martignargues. - 16
avril 1704.
Cavalier est encerclé et battu à Nages par le maréchal de
Montrevel. -
19 avril 1704.
Prise des magasins de Cavalier dans les bois d'Euzet. -
21 avril 1704.
Le Maréchal de Villars arrive pour remplacer le Maréchal de
Montrevel. -
12 mai 1704
entrevue de Cavalier et de Lalande au pont d'Avènes près d'Alès,
engagement de pourparlers de paix. -
13 mai 1704, embuscade
de Rolland au Plan de Fontmort entre Barre et St-Germain-de-Calberte
(Lozère). - Fin
mai 1704,
trêve. Les camisards se retirent à Calvisson. Dissension entre les
chefs au sujet de l'arrêt des hostilités. -
21 juin 1704.
Départ de Cavalier avec seulement une poignée de fidèles de sa
troupe. - Juillet
1704.
Echec de "l'expédition des tartanes" qui apportait des
secours aux camisards. -
13 août 1704.
Mort de Rolland au château de Castelnau-Valence (Gard). -
Fin août 1704.
Cavalier et ses compagnons gagnent la Suisse plutôt que de rejoindre
la place de Brisach. -
1er octobre 1704.
Joigny et Salomon Couderc se rendent. -
8 octobre 1704.
La Rose, Marion et La Forêt se rendent. Les principaux chefs
camisards quittent la France et se rendent en Suisse. -
10 novembre 1704.
Deux Cadets de la Croix sont exécutés à Bagnols (Chassagne et
Béraud) -
31
décembre 1704.
L'un des derniers chefs camisards, François Salles dit Salette, se
rend.
1705
Au
début du mois de janvier 1705, seuls Ravanel et Claris ne se sont
pas rendus. Ils sont tenus à l’errance et à l’inactivité par
la traque incessante des soldats royaux. L’aide et le soutien de la
communauté protestante leur sont refusés. On peut considérer que
la guerre des camisards proprement dite est terminée. Mais il y aura
encore des soubresauts et des tentatives de nouvelle insurrection
jusqu’en 1711. -
Mars
1705.
Plusieurs chefs camisards revenant en France sont arrêtés et
exécutés, dont Castanet. -
Avril 1705.
Le « complot des Enfants de Dieu », tentative
« putschiste » de prise de pouvoir, est déjoué.
Plusieurs de ses principaux acteurs, comme Ravanel et Catinat, sont
exécutés. -
Juillet 1705.
Les conjurés qui avaient échappé à l’arrestation se rendent.
-
25 juillet 1705.
Spectaculaire évasion d’Abraham Mazel de la Tour de Constance avec
seize de ses compagnons de captivité. Il partira en Suisse avec
Marion et les autres chefs camisards qui sétaient rendus. -
3 mars 1706.
Exécution de Salomon Couderc capturé alors qu’il rentrait en
France. -
7 mai 1706.
Le camisard Fidel Abric est abattu. -
4 juin 1706,
capture du prophète Moïse Nicolas, qui sera exécuté. -
Novembre-décembre 1706,
capture de divers camisards qui seront exécutés : David
Bourgade dit La Veille, et Jacques Couderc dit la Fleurette entre
autres. -
25 avril 1707.
Jean Cavalier est grièvement blessé à la tête de son régiment
camisard à la bataille d’Almanza en Espagne. -
1706-1707,
déboires des « prophètes français » à Londres (Allut,
Cavalier de Sauve, Daudé, Marion). -
Mars 1709.
Mazel, revenu en France avec deux anciens lieutenants de Cavalier,
tente de soulever le Vivarais. L’insurrection est écrasée le 8
juillet 1709 à Leyrisse et les débris de la troupe sont dispersés
à Font-Réal. 1710. Mazel prépare un nouveau soulèvement en
Cévennes et Bas-Languedoc avec Claris et Corteiz. -
Juillet 1710,
les Anglais débarquent à Sète, et, après un combat doivent
rembarquer. 14 octobre 1710. Mazel est tué au mas de Couteau près
d'Uzès. Claris y est fait prisonnier puis exécuté. -
11 mai 1711.
Joiny, revenu en Cévennes sans autorisation, est abattu (près de
Génolhac semble-t-il). -
8 juin 1711.
Jean Pierre Buis, dernier chef survivant de l'insurrection du
Vivarais est exécuté. Il avait été enlevé en Suisse. -
Marion parcourt l’Europe et meurt à Livourne. -
11 avril 1713.
Traité d'Utrecht entre la France, l’Espagne, l’Angleterre, la
Hollande, la Savoie et le Portugal. Sur l'intervention de la reine
Anne d'Angleterre, 136 galériens sont libérés en juin 1713 et 44
en mars 1714, avec la obligation de quitter le royaume. -
21 août 1715.
Synode des Montèzes où Antoine Court jette les bases de la
réorganisation des Eglises réformées de France appelées d'ores et
déjà " Eglises du Désert " -
1er septembre 1715.
Mort de Louis XIV -
17 mai 1724.
Mort de Basville. -17
mai 1740.
Mort de Cavalier, Major Général et Gouverneur de Jersey, à Chelsea
(aujourd’hui quartier de Londres).
pour lire le détail de l'historique du village de Liouc
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