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LES CEVENNES UNE TERRE RICHE EN HISTOIRE



Pour bien comprendre le Département du Gard et plus généralement les Cévennes, il semble indispensable de passer l'étape de la connaissance du Protestantisme et ensuite par l'histoire des ''Camisards''.
Aussi pour celles ou ceux qui ne possèdent pas ces données, les chapitres suivants vous donneront un nouvel éclairage sur la région.

Cette page a d'abord été construite pour nous mêmes, car dans la région depuis seulement 2005, il nous fallait élargir notre propre champ de connaissances, ensuite pourquoi pas ne pas mettre à la portée de ceux que cela intéresse le fruit de ces recherches.

Le protestantisme regroupe l'ensemble des courants religieux chrétiens issus du catholicisme qui prennent naissance en Europe lors de la Réforme sous l'impulsion de théologiens tels que Martin Luther, Ulrich Zwingli puis Jean Calvin. Le terme lui-même est utilisé pour la première fois en 1529, quand les seigneurs et les villes qui suivaient la doctrine de Luther protestent contre les décisions prises par la seconde diète impériale à Spire, à majorité catholique. Les protestants français, tous appelés « luthériens » au début par leurs adversaires, seront ensuite nommés par dérision « huguenots », puis « religionnaires ». Aujourd'hui, on dénombre près de 800 millions de protestants dans le monde.

Origine du terme « protestant »
Le 31 octobre 1517, les étudiants du moine et docteur en théologie Martin Luther réagissent à la campagne d'indulgences lancée par Albert de Brandebourg : ils affichent sur la porte de l'église de Wittenberg une lettre rédigée par Martin Luther adressée à Albert de Brandebourg constituée de 95 thèses, à la fois constat des dérives de l'Église, critique virulente des abus et solutions. Parmi les thèses, l'accès de tous à la Bible sans discrimination sociale et l'égalité entre les hommes ont un fort écho dans la population majoritairement paysanne, à tel point qu'elle provoque au printemps 1525 la Bauernkrieg (guerre des paysans) dans le Saint-Empire romain germanique.
Afin de mettre un terme rapide à cette explosion de violence contre la classe dirigeante, les princes se réunissent lors de la première diète de Spire, en 1526. Ils conviennent du décret de l'état d'urgence et décident que chaque prince choisit le culte à pratiquer dans son État, les opposants étant contraints de fuir vers un autre État favorable à leur foi.
Cette confessionnalisation est déjà initiée à la fin de 1525 par Jean de Saxe qui institutionnalisa le luthéranisme.
Cependant, absent de cette assemblée formée par ses électeurs, Charles Quint demeure hostile à ces dispositions.
Accusé par le Saint-Siège de soutenir Luther, Charles Quint décide d'endiguer la propagation des thèses luthériennes. Il convoque donc en 1529, avec son frère Ferdinand Ier, une seconde diète de Spire lors de laquelle il révoque toutes les concessions faites par les princes aux paysans. Ainsi, il réinstaure le culte catholique et la messe en latin. Cesderniers réagissent immédiatement sous la conduite de Jean de Saxe en émettant une protestation. Les princessignataires sont appelés « protestants ».
« C'est un peu une tradition chez nous, les protestants en général, bien que la plupart des gens ignorent l'origine du mot « protestant » et pensent que cela provient du mot « protester ». En réalité cela signifie en latin« affirmer ». Une déclaration de la première profession de foi protestante qui a donné le nom à notre confession est « Protestati sumus » c'est-à-dire « nous affirmons que » et non « nous protestons contre ». Ce n'est pas du tout pareil. C'est positif. » D'après Terre et Ciel de Théodore Monod, Collection Actes Sud.

La pensée protestante
Les protestants hésitent à parler de « doctrine » ou de religion. Ils préfèrent « convictions », « engagements » ou « valeurs ». La fédération des protestants publie simplement : « Être protestant » . C'est que les protestants préfèrent toujours préserver un espace de discussion et d'échange entre les fidèles, particulièrement pour l'expression de leurfoi, même la plus fondamentale.

Les Six Grands Principes
Toutes sensibilités confondues, les protestants partagent ces points fondamentaux (les deux premiers concernent le salut) :
Sola gratia (« par la grâce seule ») L'homme ne peut pas mériter son salut auprès de Dieu, mais Dieu le lui offre gratuitement par amour. Ce qui rend l'homme capable d'aimer lui aussi. Ainsi, la valeur d'une personne ne dépend que de l'amour de Dieu, et on de ses qualités, ni de son mérite, ni de son statut social.
Sola fide (« Seule la foi compte ») Ce don se fait à l'occasion d'une rencontre personnelle avec Dieu, en Jésus-Christ (solo Christo, par Christ seul). C'est cela la foi, non une doctrine ou une oeuvre humaine. D'une personne à l'autre, elle peut surgir brusquement ou être le fruit d'un cheminement. Chacun la vit de manière particulière, comme sa réponse à ladéclaration d'amour de Dieu.
Sola scriptura (« par l'Écriture seule ») Considérée comme porteuse de la parole de Dieu, la Bible est à la fois la seule autorité théologique et le seul guide, en dernière instance, pour la foi et la vie. Elle est éclairée par la prédication de ministres appelés par l'Église et formés par elle (mais le Saint-Esprit peut appeler d'autres prédicateurs que seulement ceux-ci). À travers les témoignages humains qu'elle transmet, elle dessine des principes de vie à partir desquels s'exerce la responsabilité personnelle de chacun.
Soli Deo gloria (« à Dieu seul la gloire ») Il n'y a que Dieu qui soit sacré, divin ou absolu. Ainsi, toute entreprise humaine ne peut prétendre avoir un caractère absolu, intangible ou universel, y compris la théologie. De plus, partant du principe que Dieu a donné la liberté aux hommes, les protestants sont généralement favorables à un système social qui respecte la pluralité et les libertés.
Ecclesia semper reformanda (« l'Église doit se réformer sans cesse »)Les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines. Elles sont secondes. « Elles peuvent se tromper », disait Luther. Ainsi, les Églises doivent sans cesse porter un regard critique sur leur propre fonctionnement et leur propre doctrine, à partir de la Bible. En revanche, les chrétiens catholiques pensent qu'il faut être guidé par l'Eglise de façon claire. La certitude peut aller dans certains cas jusqu'au dogme (vérité que l'on ne peut renier), prononcée par un concile, ou par le Pape en vertu de l'«Infaillibilité Pontificale».
• Sacerdoce universel Principe, que Luther considère comme central, de la Réforme protestante, selon lequel chaque baptisé est « prophète, prêtre et roi » sous la seule seigneurie du Christ. Ce concept anéantit les principes de hiérarchie au sein de l'Église. Chaque baptisé a une place de valeur identique, y compris les ministres (dont les pasteurs font partie). Issus d'études de théologie et reconnus par l'Église, ils sont au service de la communauté pour l'annonce de la Parole de Dieu (prédication et sacrements) et les missions particulières qui en découlent. Les femmes ont accès aux ministères de certaines églises protestantes.

Les Rites Protestants
Comme de nombreuses religions, le protestantisme possède des rites :
• la religion ne repose que sur les Écrits sacrés : la Bible est basée sur l’Ancien et le Nouveau Testament.
• les pratiques sont assez comparables à celles de l’Église catholique : prières, lecture de la Bible, le culte dominical et la participation à l’Eucharistie la Sainte Cène).
• Les protestants participent aux fêtes de Noël, aux Rameaux, au Vendredi Saint, à Pâques, à l’Ascension et à la Pentecôte.
• le Baptême avec la Sainte Cène (l'Eucharistie) sont les deux seuls sacrements chez les protestants. Le baptême est unique et a lieu à l’enfance ou à l’âge adulte, selon les dénominations.
• Les protestants ne pratiquent généralement pas le signe de croix, lui reprochant souvent d'être une forme de superstition.
• A la mort, le protestant croit à la vie éternelle après un passage auprès de Dieu.
• Le culte des funérailles est destiné à l’accompagnement de la famille et des amis, il est centré sur l'annonce de l’Evangile : promesse de résurrection. Le défunt est enterré simplement, avec respect : lecture d’un verset de la Bible et prières.
• Les autopsies et les prélèvements d’organes sont autorisés par la doctrine ainsi que l’incinération.

Les différences avec l'Eglise catholique
Il existe de très nombreuses différences entre le culte protestant et le culte catholique. Les différences principales sont :
• les protestants se référent à la Bible et pour certains à la Tradition des Églises protestantes (sola scriptura).
• Les protestants ne reconnaissent pas le Pape. Il existe donc une multitude de communautés protestantes non affiliées les unes aux autres.
• Il n’y a que deux sacrements (le baptême et l’eucharistie) chez les protestants contre sept chez les catholiques (le baptême, l'eucharistie, la confirmation, la réconciliation, le mariage, l'ordination et l'onction des malades). Les protestants n’ont notamment pas de sacrement de réconciliation (le dialogue avec un prêtre). Pour eux, il suffit de confesser ses péchés directement à Dieu.
• La plupart des protestants ne croient pas à la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie mais à une présence symbolique.
• Les protestants ne donnent pas une place particulière à Marie. Ils ne croient pas à son Immaculée Conception. Néanmoins, Marie fait partie des témoins privilégiés au même titre que les disciples du Christ.
• Les protestants reconnaissent surtout Jésus comme seul intermédiaire entre Dieu et les Hommes.

De nombreuses Églises et mouvements
Au XXIe siècle, l'héritage protestant se vit à travers de nombreux mouvements, car le principe même du protestantisme se veut réformateur en permanence afin d'éradiquer le poids éventuel de la tradition. Ainsi, on dénombre une multitude de mouvements, souvent proches.

Les Eglises Protestantes présentes en France
Les Églises protestantes rassemblées dans la Fédération protestante de France partagent une seule et même foi, mais elles présentent plusieurs confessions.
• Les Luthériens, héritiers de la théologie de Martin Luther, le luthéranisme remonte aux origines mêmes de la Réforme et se réclame des trois affirmations centrales du message de Luther : autorité souveraine de la Bible, salut par la Grâce et le Sacerdoce universel des croyants. Les Églises Luthériennes sont regroupées au sein de la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM : 65 Millions de Membres).
• Les Réformés ou Presbytériens, héritiers de Jean Calvin, les Églises Reformées se réclament également d’autresréformateurs tels que Luther ou Zwingli. La théologie met plus particulièrement l’accent sur la puissance de Dieu. Celle-ci n’atteint pas à la liberté et à la responsabilité du chrétien, au contraire : ayant reçu en Jésus-Christ l’assurance de son salut, et se sachant pardonné, il n’en est que plus libre pour conduire sa vie de manière responsable et exigeante. La plupart des Églises Reformées appartiennent à l’Alliance Reformée Mondiale (ARM : 70 Millions de membres). Elles ne se réclament pas d’une confession de foi unique : il appartient à chaque Église de dire sa foi dans l’actualité et le contexte qui sont les siens. Cette acceptation des différences rejoint le souci des réformés de préserver en leur sein un réel pluralisme théologique. • Les Protestants Evangéliques dont le plus célèbre fut Martin Luther King. Ils pratiquent le baptême des adultes par immersion : les Églises Baptistes, elles aussi, tiennent leurs origines de différents mouvements réformateurs protestants du XVI siècle, en particulier anabaptistes. D’une manière générale, ces Églises ont la particularité de ne reconnaître comme membres que celles et ceux qui font la profession de foi en Jésus-Christ et qui, en demandant le baptême, font un acte volontaire et personnel de repentance et de foi. Dès le début de leur histoire, les Baptistes ont discuté avec force le principe de la séparation de l’Église et de l’État. On compte environ 500 millions d’Evangéliques dans le monde. En France, les Églises Evangéliques sont reconnues par la Fédération Evangélique de France (FEF) qui appartient à la FPF.
• Le Pentecôtisme est né de mouvements de Réveil particuliers qui se sont manifestés au début du 20e siècle, aux États-Unis sous l’impulsion du pasteur Charles Parham et de William J. Seymour. La particularité théologique des pentecôtistes est de penser que le Saint Esprit est donné au croyant lors d’une expérience particulière, distincte du baptême d’eau traditionnel : la baptême du Saint Esprit . Celui-ci confère au croyant des dons particuliers comme le parler en langue, la prophétie ou la guérison divine. Les Églises pentecôtistes se font les témoins de l’Evangile aux quatre angles « : Jésus sauve, baptise, guérit, revient ». Par ailleurs, elles se situent dans la tradition protestante évangélique et baptiste et se référent aux grands principes de la Réforme : salut par la grâce, autorité de la Bible seule, sacerdoce universel. Selon la Base de données chrétienne mondiale, les pentecôtistes classiques sont au nombre de 200 millions.

Églises historiques multitudinistes
Dès le début, elles sont organisées en plusieurs Églises en fonction des courants théologiques ou des circonstances historiques. Elles s'adressent dans le même mouvement à leurs membres et à la société (d'où le terme « multitude »). Il s'agit :
• des Églises luthériennes
• des Églises réformées (calvinistes ou zwingliennes)
• de l'Église anglicane

Églises de professants et de confessants
En plus des luthériens, des réformés et des anglicans, la Réforme a connu très tôt un quatrième courant, non « magistériel », accusé par les autres de mettre à côté ou au-dessus de la Bible une illumination intérieure considérée comme subjective, et nommé par eux « illuminés » ((de) Schwärmer) ou « Anabaptistes » (parce que, ne reconnaissant qu'un baptême d'adultes, ils « rebaptisaient » ceux qui l'avaient été, enfants, ailleurs). Les tenants de cette Réforme radicale affirmaient, eux, que cette illumination intérieure était l'oeuvre du Saint-Esprit. Sont les héritiers directs de la partie pacifiste de ce courant, les Assemblées mennonites, dont les Amishes font partie. S'y rattachent spirituellement les Baptistes et autres groupes apparentés issus à diverses époques de l'anglicanisme, avec souvent une mise en valeur de la piété face au « monde ».
Dans les siècles suivants, d'autres mouvements ont vu le jour à partir de « réveils » spirituels du XIXe siècle. Le principal, issu de la prédication de John Wesley, est le méthodisme. Conjuguant retour à la Bible, à la prière et à l'engagement social, il est à l'origine de l'Armée du Salut. Refusant la prédestination, confessant la responsabilité de l'individu dans sa propre foi, il est aussi la source du pentecôtisme, né d'un Réveil plus récent.
D'autres Églises indépendantes, privilégiant un aspect ou un autre de la foi ou de la pratique chrétienne, existent aussi : les Darbystes et autres « Assemblées de frères », les Adventistes du septième jour, etc.
« Églises évangéliques » est le terme générique qui regroupe toutes ces dénominations. La plupart du temps, hormis dans le méthodisme classique, ce sont des « Églises de professants ou de confessants » et non « de multitude » : elles demandent un engagement et une profession de foi personnels à leurs membres et quelques unes, de ce fait, ne baptisent que des adultes ou jeunes adultes (elles sont « baptistes »). Certaines rebaptisent les chrétiens venus d'autres Églises, car elles pensent que le baptême d'enfants n'est pas valide. Ce terme s'applique aussi aux courants fondamentalistes d'origine nord-américaine.
Dans leur ensemble, ces courants représentent au moins le quart du protestantisme français actuel, soit 1% de la population française. Les Témoins de Jéhovah qui ne croient pas en la Trinité ne se revendiquent pas du protestantisme historique. Leur mouvement est né fin du XIXe siècle aux États-Unis et n'a aucun lien avec le protestantisme, mais serait issu du Christianisme tout de même.

Aujourd'hui en France
Vie Quotidienne
Les Femmes
Dès ses débuts, la Réforme est pour les femmes, l'occasion d'une réévaluation de leur rôle dans la famille, puis dans la société. A partir du 16e siècle, les femmes peuvent avoir, selon la Reforme, un accès à l’éducation. Elles doivent apprendre à lire pour pouvoir étudier la Bible et ainsi, élever chrétiennement leurs enfants. Les femmes protestantes se révèlent alors plus instruites que les femmes catholiques. Leur savoir les prépare à leur rôle de mère et d’épouse. Ce siècle est également marqué par l’ouverture d’écoles pour filles dans les grandes villes protestantes (Nîmes, La Rochelle…) du royaume de France. Mais le pouvoir reste aux mains des hommes, les femmes doivent rester de simples ménagères. On compte de nombreuses femmes célèbres à cette époque, essayant de faire bouger les dogmes : * Marguerite d’Angoulême : soeur de François 1er, elle anima la vie intellectuelle de la cour, fonction principalement détenue auparavant par les hommes. * Renée de France : Fille de Louis XII, elle protégea Calvin de l’Église Catholique qui veut sa mort. * Marie Durand : Enfermée pendant 38 ans dans la Tour de Constance car elle refusait de renoncer au protestantisme. Dès le 19e siècle, elles montrent de plus en plus leur désir de prendre des responsabilités au sein de la société. Elle manifeste ce désir notamment avec la publication de la Voix des Femmes, un quotidien féministe qui réclamait l’égalité homme-femme en politique. Le 20e siècle est marqué par la création de nombreuses associations, mettant ainsi en évidence la capacité des femmes à s’investir dans la société française.
On peut alors citer l’Union Chrétienne des Jeunes Filles (UCJF) chargée de soutenir moralement les jeunes filles venues des provinces pour trouver du travail ; ou encore la Fédération Chrétienne des Eclaireuses, pionnière dans le scoutisme. Mais il faudra attendre 1960 pour que les femmes soient autorisées à devenir pasteurs à l’égal des hommes.

Vie économique
Si les activités de négoce et de banques sont des activités anodines, il n’empêche que lorsqu’elles ont été engagées par des protestants, elles ont porté la trace dans la durée. Ce fait tient à une certaine conception du travail et aussi à des alliances réfléchies entre les familles protestantes, lesquelles permettaient de consolider et de diversifier l’activité.
De nombreuses entreprises, toujours en activité aujourd’hui, ont été créées par des protestants et demeurent de véritables réussites, comme par exemple :
*la Banque Mallet : créée en 1713 par Isaac Mallet, elle fonda la Banque de France et finança de nombreux projets architecturaux durant la rénovation de Paris (Opéra…). Aujourd’hui, la banque s’appelle la Schlumberger.
*la manufacture de Jouy-en-Josas : créée en 1762 par Christophe Oberkampf, on y imprime la célèbre Toile de Jouy, toujours utilisée en décoration de nos jours. L'histoire des indiennes de coton en Europe montre dès 1700 une

floraison d'usines dans la région de Genève, par une multitude de réfugiés protestants ayant fui la révocation de l'Edit de Nantes. Ces usines ont ensuite essaimé dans toute la Suisse protestante puis en Alsace et enfin en Angleterre. *Peugeot : firme automobile créée en 1891 par Armand Peugeot (encore administrée par ses descendants de nos jours), elle contribua à lamélioration des conditions sociales des ouvriers (les 10 heures hebdomadaires). Aujourdhui, elle appartient au groupe PSA (Peugeot et Citroën).
*Les usines de Dietrich : fondé au 18e siècle, De Dietrich est aujourd
hui lun des leaders dans la vente de produits électroménagers.

L'Armée du salut
L'Armée du Salut naît en pleine révolution industrielle, à la fin du 19e siècle. Elle est créée, en 1878, par le pasteuranglais William Booth, scandalisé par le spectacle des foules ouvrières qui s'entassent dans les quartiers pauvres del'Est londonien (East End). Pour lui, le changement ne s'opère pas au niveau des masses mais en chaque individu (contrairement à lidéologie de Karl Marx). Le progrès social, politique et économique doit découler d'une profonde transformation intérieure de l'homme, réconcilié avec lui-même par la puissance de l'Evangile. Mais William Booth sait qu'avant de parler à quelqu'un de religion, il faut pouvoir lui proposer des conditions de vie décentes sur terre. C'est l'origine de la devise devenue populaire : "Soup, soap, salvation" (Soupe, savon, salut).
En 1881, l'Armée du Salut s'implante à Paris avec Catherine Booth. Aidée de deux camarades de son âge, elle s'installe en plein quartier populaire de Belleville-Ménilmontant. L'Évangélisation est accompagnée d'un grand travail social : hôtelleries populaires, maisons pour jeunes filles en danger. De nombreux postes de l'Armée du Salut sont créés dans toute la France. Même si l'Armée du Salut est présente en France depuis 1881, sa structure a évoluée. L'Armée du Salut des débuts crée l'Association des OEuvres Françaises de Bienfaisance de l'Armée du Salut, reconnue d'utilité publique en 1931. Après avoir été interdite sous l'Occupation, l'AOFBAS renaît. Depuis le 11 avril 2000, l'Armée du Salut est scindée en deux ; la Fondation Armée du Salut et la Congrégation Armée du Salut. La Congrégation de l'Armée du Salut, dont la devise est "Avec Dieu, avec l'autre, avec soi", porte les valeurs de l'Armée du Salut. Elle dispose aujourd'hui de 25 postes d'évangélisation dans toute la France et anime une aumônerie dans nombre d'établissements de la Fondation. La Fondation de l'Armée du Salut, dont la devise est "Secourir, accompagner, reconstruire", emploie 2000 salariés et compte 50 établissements d'action sociale en France. Elle est habilitée à recevoir legs et donations. Elle intervient notamment en période de grands froids pour secourir les sans-abri et recueille des fonds en cas de catastrophes naturelles ou de guerre dans le monde.

Aujourd'hui
Le protestantisme arrive en troisième position en France, après le catholicisme et l'islam. Aujourdhui, on dénombre entre 1,8 et 2,4 millions de fidèles en France dont 1,1 millions appartenants aux Églises reconnues par la Fédération Protestante de France (FPF) et la Fédération Evangélique de France (FEF). On trouve en France des Églises luthériennes, des Églises réformées, des Églises évangéliques, des Églises pentecôtistes. Il existe aussi quelques paroisses anglicanes à l'attention des anglo-saxons résidant en France. Les protestants représentent environ 2% de la population française contre 1.5% en 1995. 25% des protestantsfrançais sont Evangéliques, 26% sont membres des Églises réformées et 19% sont Luthériens. 40% des protestants ont moins de 30 ans. Ils sont en majorité progressistes en matière sociale (97% défendent lutilisation dun préservatif) et hétérogènes en politique. 78% sont pour la laïcité. 25% des pasteurs français sont des femmes.
Cependant, le protestantisme est inégalement réparti dans les régions. Il est principalement implanté en Alsace (notamment à cause du fait que pendant les guerres de religions, l
Alsace était allemande) et le Languedoc.dautres régions (Bretagne, Centre), le protestantisme est très disséminé alors que dans la reste de la France, il est surtout présent dans les grandes villes. La Fédération Protestante de France (FPF) a été créée le 25 octobre 1905 comme une union dÉglises destinée à « défendre les intérêts protestants » dans le contexte de la séparation de lÉglise et de lÉtat.
Elle fédère aujourd
hui 17 Églises et unions dÉglises. Les annuaires protestants recensent 690 paroisses luthériennes et réformées ainsi que 2000 communautés évangéliques actives en France.

Histoire
• 1483 : Naissance de Martin Luther (Allemagne)
• 1509 : Naissance de Jean Calvin (France)
• 1517 : Martin Luther publie Les 95 Thèses dénonçant les travers de l
Église catholique comme la vente des indulgences, et affirme que la Bible doit être la seule autorité sur laquelle repose la foi.
• 1521 : Excommunication de Luther. Il est protégé par le Duc Frédéric de Saxe.
• 1529 : Le Luthéranisme devient religion d
État en Suède, puis au Danemark en 1536.
• 1536 : Calvin publie en latin l
Institution de la religion chrétienne
• 1545 : Le concile de Trente réaffirme les dogmes et la discipline de l
Église Catholique. Il se termine en 1563.
• Mai 1559 : Première assemblée nationale des Églises réformées de France.
• 1er mars 1562 : Des protestants sont massacrés à Wassy par le duc de Guise, ce qui marque le début des guerres de Religion.
• 8 guerres de religion (1562-1598) : La France connaît au XVIe siècle une fracture religieuse : la grande majorité du pays reste fidèle au catholicisme, tandis qu'une importante minorité rejoint la Réforme. Le principe de la coexistence de deux confessions dans le Royaume se révèle inapplicable. La guerre ne peut être évitée, signe de l'échec de la tolérance civile. Huit guerres vont se succéder sur une durée de 36 ans, entrecoupées de périodes de paix fragiles.
• 18 août 1572 : Mariage d
Henri de Navarre et de Marguerite de Valois à Paris.
• 23-24 août 1572 : Massacre de la Saint Barthélemy à Paris : un Conseil royal se réunit, au cours duquel il est décidé d'éliminer les principaux chefs huguenots. Coligny et d'autres gentilshommes protestants sont assassinés tant au Louvre qu'en ville. Cette exécution d'un nombre limité de chefs huguenots est suivie d'une tuerie sauvage qui va durer jusqu'au 29 août et fait dans Paris 4000 victimes. Le massacre s'étend alors à la province où l'on dénombre 10.000 tués. Le massacre marque le début de la quatrième guerre de religion. • 25 juillet 1593 : Henri IV se convertit au catholicisme, ce qui lui permet d'accéder enfin au trône de France auquel il prétendait depuis 1589. C
est à propos de cette cérémonie quil aurait prononcé la célèbre phrase : « Paris vaut bien une messe »
• 30 avril 1598 : Henri IV signe l
Edit de Nantes qui reconnaît la liberté de culte aux protestants. La promulgation de cet édit met fin aux guerres de religion qui ont ravagé la France au XVIe siècle, et constitue une amnistie mettant un terme à la guerre civile. Le royaume de France est alors le seul État où deux religions coexistent officiellement.
• 14 mai 1610 : Assassinat d
Henri IV par François Ravaillac, un catholique fanatique en désaccord avec les réformes religieuses du Roi.
• 18 octobre 1685 : Louis XIV signe l'Edit de Fontainebleau révoquant l
Edit de Nantes. Le protestantisme est interdit dans le royaume de France. Sen suivit alors la période du Désert, période de persécutions des protestants pendant plus dun siècle.
• 7 novembre 1787 : Louis XVI rend aux protestants une existence légale par l
Edit de Tolérance qui leur donne un état-civil.
• 26 août 1789 : Adoption de la Déclaration des Droits de l
Homme et du Citoyen (DDHC) qui promulgue la liberté de culte.
• 8 avril 1802 : Napoléon Bonaparte par la loi du 18 germinal an X rétablit officiellement et organise définitivement le culte protestant.
• 25 octobre 1905 : création de la Fédération protestante de France. Le président actuel est Claude Baty (2007- )
• 9 décembre 1905 : Aristide Briand, député socialiste, fait voter la loi sur la séparation des Églises et de l
État. Les protestants sont en grande majorité favorables à celle-ci, contrairement aux catholiques beaucoup plus hostiles à cette réforme. Ceci marque cependant lachèvement dun affrontement violent qui a duré presque vingt-cinq ans et qui a opposé deux visions de la France : la France catholique royaliste et la France républicaine et laïque.
• 1997 : Jean-Paul II en visite en France déclare officiellement qu'il regrette qu'en 1572 que « des chrétiens (aient) accompli des actes que l'Evangile réprouve ».
• 1998 : Commémoration du quatrième centenaire de l'Edit de Nantes.

Les personnalités du protestantisme
Cette section contient une liste de pasteurs, de théologiens et de personnalités impliquées dans la pensée protestante.
• Pierre Valdo (à l'origine de l'Église Vaudoise) : 1140-1206 XIIe siècle
• John Wyclif : 1320-1384
• Jan Hus : 1369-1415
• Martin Luther : 1483-1546
• Ulrich Zwingli : 1484-1531
• Guillaume Farel : 1489-1565
• Martin Bucer : (1491-1551)
• Philippe Melanchthon : 1497-1560
• Andreas Cellarius (théologien) : 1503-1562
• David Joris : 1501-1556
• Heinrich Bullinger : 1504-1575
• Jean Calvin : 1509-1564
• John Knox : 1513-1572
• Sébastien Castellion : 1515-1563
• Gaspard de Coligny : 1519-1572
• Théodore de Bèze : 1519-1605
• Guy de Brès : 1522-1567
• Élisabeth Ire d'Angleterre : 1533-1603
• John Napier : 1550-1617
• Henri IV : 1553-1610
• Catherine de Parthenay : 1554-1651
• Henri de Rohan : 1574-1638
• Moïse Amyraut : 1596-1664
• Henry Xhrouet, dit Chrouet : 1621-1691
• David Martin : 1639-1721
• Jacques Abadie : 1654-1727
• Abraham Mazel : 1677-1710
• Elie Marion : 1678-1713
• Jean Cavalier : 1680-1740
• Jean-Sébastien Bach : 1685-1750
• Paul Rabaut : 1718-1794
• Jean-Frédéric Oberlin : 1740-1826
• Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne : 1743-1793
• François-Antoine de Boissy d'Anglas : 1756-1826
• John Nelson Darby : 1800
1882
• Guillaume Adam de Félice : 1803-1871
• John Bost : 1817
1881
• Henri Dunant : 1828-191
• Eugène Bersier : 1831-1889
• Albert Schweitzer : 1875-1965
• Marc Boegner : 1881-1970
• Karl Barth : 1886-1968
• Madeleine Barot : 1909-1995
• Jacques Ellul : 1912-1994
• Billy Graham : 1918-
• Martin Luther King : 1929-1968
• Jean Baubérot : 1941-
• Jean-Arnold de Clermont : 1941-
• Jean de Visme : 1760-1819
• Paul Ricoeur : 1913-2005
• André Lortie : XVIIe-?

Personnalités protestantes françaises
• Jeanne d'Albret (1528-1572) Mère de Henri IV
• Gaspard André (1840-1896)
Architecte Lyonnais qui construisit le Grand Temple Protestant de Lyon (1884)
• Baptiste Androuet du Cerceau (1545-1590)
Architecte qui commença la construction du Pont-Neuf à Paris
• Jacques II Androuet du Cerceau (1550-1614)
Architecte qui édifia lHôtel de Mayenne
• Jean Androuet du Cerceau (1585-1649)
Architecte qui construisit l'hôtel de Sully à Paris en 1624 et le célèbre escalier en fer de Fontainebleau (1623)
• Louis Archinard (1850-1932)
Général Français qui contribua à la conquête coloniale de la France en Afrique occidentale
• Louis-Pierre Baltard (1764-1846)
Architecte, qui construisit le Palais de Justice de Lyon (1835)
• Victor Baltard (1805-1874)
Architecte, constructeur des Halles centrales de Paris (Pavillon Baltard, plateau de la Nouvelle Star)
• Madeleine Barot (1909-1995)
Résistante
• Auguste Bartholdi (1834-1904)
Sculpteur de la Statue de la Liberté
• Pierre Bayle (1647-1706) - philosophe et écrivain
• Alain Bombard (1924-2005)
Médecin et biologiste
• Paul Broca (1824-1880)
Chirurgien neurologue
• Salomon de Brosse (1571-1626)
Architecte qui construisit le palais du Luxembourg
• Ferdinand Buisson (1841-1932)
Cofondateur et président de la Ligue des droits de l'homme
• Jean Calvin (1509-1564)
Réformateur et théologien
• Sébastien Castellion (1515-1563)
Traducteur de la Bible en Français
• Georges Clemenceau (1841-1929)
Homme politique
• Valentin Conrart (1603-1675)
Fondateur de lAcadémie Française Protestantisme 10
• Maurice Couve de Murville (1907-1999) - homme politique, Premier ministre (1968-1969)
• Georges Cuvier (1769-1832) - paléontologue, père de l'anatomie comparée
• Gaston Deferre (1910-1986)
Homme politique, époux dEdmonde Charles Roux
• Frank, Julien et Emile Delmas - créent en 1867 la société maritime Delmas
• Pierre Denfert-Rochereau (1823-1878)
Militaire français, resté célèbre pour avoir dirigé la résistance de la place forte de Belfort durant la guerre franco-allemande de 1870
• Gaston Doumergue (1863-1937)
13ème président de la République Française
• Pierre Dugua de Mons (1559-1641)
Premier colonisateur du Canada
• Pierre Samuel du Pont de Nemours (1739-1817)
Un des rédacteurs du traité de 1783 qui reconnut l'indépendance américaine
• Abraham Duquesne (1610-1688) - Lieutenant général de la marine de Louis XIV
• Jacques Ellul (1912-1994)
Un des principaux penseurs au XXe siècle de la technique
• Jeanne Galzy (1883-1977)
Écrivain
• André Gide (1869-1951)
Écrivain
• Jean Goujon (1510-1567)
Sculpteur et architecte
• François Guizot (1787-1874) - historien et homme politique français
• Georges Eugène Haussmann (1809-1891)
Rénovateur de Paris
• Henri de Navarre qui devient le roi Henri IV (1553-1610)
Roi de France (1589-1610)
• Lionel Jospin (1937- )
Homme politique, Premier ministre (1997-2002)
• Pierre Joxe (1934- )
Homme politique
• Jules François René Ladreit de la Charrière (1833-1903)
Médecin oto-rhino-laryngologiste
• Hubert Latham (1883-1912) - aviateur, premier à franchir l'altitude de 1000 m
• Pierre Loti (1850-1923)
Écrivain
• Jacques Monod (1910-1976) - scientifique, découvreur de l'ARN messager, prix Nobel de médecine
• Théodore Monod (1902-2000)
Scientifique, naturaliste, explorateur, érudit et humaniste
• Etienne Oehmichen (1884-1955) - ingénieur, inventeur de l'hélicoptère en 1921
• Bernard Palissy (1509-1589)
Potier qui découvrit les secrets des émaux
• Denis Papin (1647-vers 1712)
Physicien qui découvrit la force de pression de la vapeur et inventa la « marmite de Papin » (ancêtre de la cocotte-minute) • Ambroise Paré (1509-1590) « Père » de la Chirurgie
• Eugène Peugeot (1844-1907) - industriel, co-fondateur de la marque automobile Peugeot
• Armand Peugeot (1849-1915) - industriel, co-fondateur de la marque automobile Peugeot
• Renaud Séchan (Renaud)
Chanteur
• Augustin Rey (1864-1934)
Architecte
• Paul Ricoeur (1913-2005)
Philosophe
• Michel Rocard (1930-)
Homme politique, Premier ministre (1988-1991)
• Louis-Nathaniel Rossel (1844-1871)
Homme politique (un des principaux acteurs de la Commune de Paris)
• Jean-Paul Sartre (1905-1980)
Écrivain et philosophe
• Victor Schoelcher (1804-1893)
Homme politique anti-esclavagiste
• Albert Schweitzer (1875-1965)
Lauréat du prix Nobel de la paix en 1952
• Louisa Siefert (1845-1877)
Écrivain
• Jules Siegfried (1837-1922) - négociant et homme politique, fondateur des Écoles de Commerce de Mulhouse, Lyon, Rouen, Le Havre, père de la Loi sur l'Habitat à Loyer Modéré (HLM)
• Germaine de Staël (1766-1817)
Écrivain
• Maximilien de Béthune, duc de Sully (1559-1641) - pair de France, prince souverain d'Henrichemont et de Boisbelle, ministre des finances du roi Henri IV • Henri de la Tour d'Auvergne-Bouillon, vicomte de Turenne (1611-1675) - maréchal de France

Fêtes et rassemblements
Dans les Églises historiques européennes, en plus des fêtes chrétiennes (référées à Jésus-Christ selon la Bible), on célèbre parfois :
• une fête des Récoltes, le premier dimanche d'octobre ;
• la fête de la Réformation, le 31 octobre ou, à défaut, le dimanche précédent, commémorant l'affichage des 95 thèses de Luther ;
• l'assemblée du Musée du Désert, le premier dimanche de septembre, à Mialet dans les Cévennes, en souvenir des Camisards; beaucoup de protestants issus des pays du Refuge s'y rendent généralement.


Mais d'abord une brève histoire du Protestantisme en Cévennes

1230/1240 
Les Vaudois au 13e siècle sont des chrètiens qui réclament la messe en langue populaire, la bible pour tous, et refusent la confession. Ayant été assimélés aux cathares ils sont massacrés en même temps et deviennent clandestins pendant deux siècles. Les vallées Vaudoise d'Italie au delà du Quéras, entre la frontière italienne et Turin sont les jumelles de nos Cévennes.fin 1490  Les Protestants se réunissent dans
La Cause sous la ménace de  l'intolérance du pouvoir catholique. Les questions se posent sur l'essence de la foi et les convictions, comme par example par Erasme.Le détonateur :  l'affaire des indulgences: Pour construire Saint Pierre de Rome le pape envoie des moines vendre des certificats d'indulgence pour aller au paradis.  
-
1517
Le seigneur de Cadoine à Saint-Etienne-Vallée-Française, était déjà sensibilisé à   la pensée luthérienne à , il prêchait les idées de
Luther et fût emprisonné. -  31 oct. 1517

Luther affiche 95 thèses qui allaient donner naissance à la Reformation

L'arrivée de la réforme se synchronise avec le développement de l'industrie de la soie. Produite à Anduze, livrée à Nîmes la soie est remontée par le Rhône à Lyon. Des échanges bancaires se font avec Genève ou se trouve
Calvin et le debat sur la structure d'une civilisation s'ouvre plus large.
-
1534 Calvin publie son livre sur l'institution chrétienne.
-
1540
Anduze: première ville ou a prêché un prêtre cordelier; il a été pendu trois jours après.
-
1550
L'alphabétisation était très avancée dans la région. Dans la plupart des villages, même les plus reculés, il y avait des écoles communales ou on apprenait à lire aux garçons.
Dans presque toutes les maisons, on avait une bible et quelqu'un qui savait lire. Une autre raison pour le grand impact du Protestantisme était probablement  la descendance des Cathares.
-
1560
Apparition du grand mouvement de conviction par les temples construits - Anduze, Saint-Jean-du-Gard, Saint-Germain-de-Calberte, Barre-des-Cévennes.
- 1550/1560
Le protestantisme est adopté officiellement dans les plus vieilles églises des Cévennes.On y ajoute Marvejol, St Léger de Peyre, Serverette. ° Eglise protestante = paroisse conversion se fait massivement dans les Cévennes. par exemple: à Meyrueis, sur 4224 habitants, 21 seulement restent catholiques.
Seule exception Fraissinet de Fourque (à cause de son autoritaire curé) et St-André-de-Majenca. Les 7 à 8 millions protestants pour 18 millions d'habitants en France (1560), se sentent ménacés.
- 1562
Les tensions entre catholiques et protestants commencent à s'aggraver. 1586 Henri IV, protestant, arrive au trône, jusqu'à 1610. Le Duc de Joyeuse assiège Marvejols, rase les trois temples de Marvejols et St Léger de Peyre.
- 1598
l'Edit de Nantes donne la liberté de conscience totale et la liberté de religion sous certaines conditions:
- liberté de pratiquer le culte protestant qui avait déjà été autorisé dans quelques villages où le seigneur était protestant.
°de pouvoir accéder à toutes les fonctions et à tous les métiers.
°de bénéficier de tribunaux spéciaux dits Chambres de l'édit où siégeaient à nombre égal des juges protestants et catholiques.
°de disposer d'environ 70 villes, bourgs et châteaux pouvant servir de lieux de refuge (place de sûreté): La Rochelle, Montauban,
  Castres, Montpellier, Nîmes, Uzès, Privas, Montélimar.
La liberté du culte est respectée jusqu'a la mort de Henri IV en 1610. Le successeur d'Henri IV, Louis XIII et surtout son ministre Richelieu n'eurent pas les mêmes opinions sur le protestantisme : ils voulurent éliminer la Cause, c'est-à-dire le parti des protestants français.
1620/1630
1620
Arrivée de Richelieu sous Louis XIII . Tout ce qui n'était pas expressément autorisé devient interdit. Le parti des protestants français, la Cause est trop indépendant et donc insupportable au pouvoir royal.
1620 - 1630 la guerre de Rohan Duc Henri de Rohan ayant gardé la religion protestante (gendre de Sully) réunit    les villes du Midi et de l'Ouest pour se révolter contre le Roi.
1622   Alès et Montpellier sont entièrement détruites.
1628   Les protestants font rappel à l'étranger; ensemble avec les Anglais, ils assiègent la Rochelle pendant treize mois. L'épisode le plus célèbre de la lutte contre la Cause fut la reprise par les troupes royales. Le château de Meyrueis est assiégé par Rohan . Le Duc accepte de négocier.
1629 La paix d'Alès reconnaît le droit à l'existence des églises protestantes mais supprime les places de sûreté et les garnisons.
1630 La grâce d'Alès met fin aux guerres. Tous les droits de culte sont rétablis. Mais le roi ordonne la destruction de toutes les fortifications des villes ayant participé à la révolte. Sans Richelieu, la France aurait éclaté en deux parties. Le sud protestant et le nord (royal) catholique.
- 1685  1L'Edit de Fontainebleau connu sous le nom "Révocation de l'Edit de Nantes" va mener la vie insupportable aux protestants, appelés huguenots, calvinistes ou injurieusement: parpaillots, fanatiques ou même hérétiques. Avec l'interdiction aux protestants d'être enterrés aux cimetières publics sont apparus les cimetières familiales à proximité du mas,(ou parfois même dans la cour).
Les sépultures traditionnelles sont marquées par deux lauzes et, à partir du 19ème siècle, souvent par un cyprès qui symbolise la flamme d'éternité.
Encore aujourd'hui,  la plupart des protestants préfère être enterré à côté de la famille plutôt qu'au cimetière communal.

COMPRENDRE LE PROTESTANTISME EN CEVENNES ET LA REVOLTE DES CAMISARDS

La Révocation de l'Edit de Nantes de 1685
Louis XIV, par absolutisme royal et volonté d’unité politique et religieuse va supprimer la liberté de culte aux Protestants en révoquant en 1685 l’Edit de Nantes qu’avait signé Henri IV en 1598 et qui apportait la paix religieuse en France après les Guerres de Religion. Tous les moyens sont bons pour obtenir l’abjuration de ceux de la « R.P.R. », Religion Prétendue Réformée. Moyens incitatifs : la loi prive peu à peu les protestants de toute liberté civile, professionnelle ou religieuse. L’Edit de Nantes se vide de son contenu. Tout est prétexte à la démolition des temples et à des frustrations. Moyens répressifs : On enlève les enfants des réfractaires, les dragonnades imposent aux réformés le logement des troupes de soldats appelés « missionnaires bottés » qui, par la violence et la ruine, obtiennent des abjurations de masse.

En octobre 1685, l’Edit de Fontainebleau révoque l’Edit de Nantes, interdisant le culte protestant. Il précise les mesures qui préviendront tout retour à l’ancienne doctrine : les temples sont rasés, les pasteurs envoyés en exil, les frontières sont fermées au vu de l’hémorragie démographique et économique que la répression a suscitée, les enfants doivent obligatoirement être enseignés dans la religion du roi…

Nombreux seront ceux qui, attachés à leur foi, et n’étant pas partis en exil dans les pays du "Refuge" (Suisse, Allemagne, Hollande, Angleterre, …), se réuniront "au Désert", à l’abri des regards, dans des endroits cachés, pour célébrer le culte interdit, organisant une “église de l’ombre”, clandestine, pendant plus d’un siècle en risquant la mort, les galères ou la prison à vie. Les Cévennes vont être le théâtre de la Guerre des Camisards. Révolte armée pour tenter de retrouver la liberté de culte, elle opposera quelque 3.000 protestants, les Camisards, à environ 30.000 soldats, de 1702 à 1704, sans réussir à fléchir l’intolérance et la répression.

Il faudra attendre la Révolution Française (1789) pour que soient proclamés la liberté de conscience et le libre exercice du culte. C’est cette histoire qu’évoque le Musée du Désert. Un siècle de clandestinité et de résistance pour la foi. Un siècle de répression et d’intolérance qui n’a pu éteindre cette foi. Il veut être le témoin d’un passé héroïque pour la défense d’une liberté, mais aussi donner conscience de l’héritage acquis par ces luttes : héritages spirituel et culturel qui transparaissent aujourd’hui dans la mentalité et la culture cévenoles.

Conséquence directe de la Révocation de l’Edit de Nantes, la Guerre des Camisards éclata en Cévennes en 1702.

Alimentée par les arrestations, condamnations et persécutions redoublées dans cette région où beaucoup, malgré les abjurations de façade, étaient restés protestants, la révolte grondait. Elle commença le 24 juillet 1702 par le meurtre de l’abbé du Chayla. Cet abbé, grand vicaire de l’évêque de Mende et inspecteur des missions, s’était rendu odieux aux populations par ses abus de pouvoir et la rigueur de sa surveillance sur les Nouveaux Convertis. Il avait à ce moment là emprisonné des suspects dans sa maison du Pont de Montvert. Un jeune homme qui prophétisait, Abraham Mazel, après avoir réuni quelques compagnons, donna l’assaut à la geôle, et délivra les prisonniers. L’abbé fut tué en cherchant à fuir. Les assaillants formèrent la première troupe de Camisards.

Pourquoi « Camisards » ? Les révoltés, paysans et artisans n’avaient comme seul uniforme et signe de reconnaissance que leur chemise (camiso en occitan).

Ce fut la guerre des Camisards, non point guerre civile, mais révolte armée contre une domination qui se voulait spirituellement totalitaire. Les Camisards se soulevèrent pour défendre la liberté religieuse, plus concrètement la liberté d’être protestant en France. Ils ont toujours protesté de leur fidélité au roi, ne se donnant d’autre but de guerre que le rétablissement de la liberté de leur culte.

C’étaient des gens du peuple, paysans, tisserands, cardeurs de laine, de jeunes gens pour la plupart. Ils ne furent jamais que 2500 à 3000, qui tinrent en échec pendant deux ans, de 1702 à 1704, les 25000 à 30000 soldats des troupes royales. Leur mobilité, leur familiarité avec un terrain sauvage, les complicités qu’ils rencontraient parmi les habitants leur permirent de tenir bon face à une armée qui n’était pas habituée à une guerre de maquis. La Vallée des Camisards, avec son pont, aussi bien que le panorama des hautes montagnes cévenoles, sont typiques de l’environnement où se situa ce que plus tard on appela le Théâtre sacré des Cévennes. Avant de marcher à l’ennemi, ils mettaient genou en terre et entonnaient le psaume 68, le psaume des batailles :

« Que Dieu se montre seulement
Et l’on verra dans un moment
Abandonner la place ;
Le camp des ennemis épars,
Epouvanté, de toutes parts
Fuira devant sa face.
On verra tout ce camp s’enfuir
Comme l’on voit s’évanouir
Une épaisse fumée ;
Comme la cire fond au feu
Ainsi des méchants devant Dieu
La force est consumée ».

Deux chefs s’imposèrent pour la conduite des opérations, autant par l’exaltation de leur foi que par leur habileté tactique, Roland et Cavalier. Roland est chez lui au Musée du Désert, avec sa Bible de famille, usée à force d’avoir été méditée. Cavalier est présent par le portrait qu’en a donné le peintre Labouchère : il y est peint en pleine action de guerre, à cheval, escorté de son prophète (c’était l’habitude camisarde de ne pas engager le combat sans avoir écouté ces inspirés). De ces deux compagnons d’armes, la séparation marqua la fin de la guerre des Camisards, encore qu’il en soit sorti des étincelles éphémères jusqu’en 1710 : Roland fut trahi et tué en août 1704 ; Cavalier jugeant perdue la cause des révoltés, avait déjà traité avec le Maréchal de Villars ; il obtint de sortir de France avec sa troupe et poursuivit comme colonel une carrière dans l’armée anglaise.

La rébellion écrasée, les assemblées demeuraient interdites, traquées et sévèrement réprimées.

La liberté de culte tant attendue par les Camisards ne sera obtenue qu’à la Révolution française en 1789.

La "guerre des camisards" est ce soulèvement armé qui mobilisa les protestants des Cévennes et d'une partie de la plaine du Bas-Languedoc contre le pouvoir royal de 1702 à 1705.
On fait traditionnellement commencer cette guerre, ou plus exactement ce que l'on appellera plus tard une guérilla, au 24 juillet 1702, avec l'assassinat de l'abbé du Chaila au Pont-de-Montvert (le tricentenaire de cet événement a été commémoré en 2002). Mais le feu couvait sous la cendre depuis longtemps, et on ne peut aborder cette guerre sans étudier le mouvement prophétique,apparu en Dauphiné (dans le département actuel de la Drôme) en février 1688, introduit en Vivarais (Ardèche actuelle) en janvier 1689, et se répandant en Cévennes à partir de 1700. On ne peut également séparer cette guerre des camisards d'actions armées antérieures comme celle du prédicant Vivent. Notre période d'étude prendra donc en compte toute la période antérieure au déclenchement de la guerre, depuis la Révocation de l'édit de Nantes en 1685.
De même, si la guerre des camisards proprement dite se termine avec la reddition des derniers (ou presque) insurgés en janvier 1705, il y aura encore plusieurs soubresauts : en avril-mai 1705 le "complot de la Ligue des Enfants de Dieu", en 1709 la mobilisation d'une troupe armée en Vivarais par Abraham Mazel, puis après son échec une nouvelle tentative en Cévennes et Bas-Languedoc en 1710.
Mais la date que nous retiendrons comme terme des événements présentés, est celle de 1715 : avec l'arrivée d'Antoine Court en Cévennes, et la recomposition de l'appareil protestant dans le Languedoc (consacrée au premier synode du Désert, tenu aux Montèzes), avec aussi la mort de Louis XIV, nous passons réellement dans une autre phase de l'histoire du protestantisme. Nous n'hésiterons pas cependant à aller au-delà de 1715 pour des informations ponctuelles comme la mort de différents protagonistes, la mise en liberté de galériens ou prisonniers, etc.

Toutefois, il ne s'agit pas de prendre en compte tout ce qui se passe entre 1685 et 1715, mais seulement ce qui a trait directement ou indirectement à la guerre des camisards.
Une chronologie, qui sera progressivement affinée et complétée, donne la trame événementielle de cette guerre.

Sur le plan géographique, si le théâtre de la guerre est situé essentiellement en Cévennes et dans la plaine du Bas-Languedoc, il ne faut pas oublier que les camisards tentèrent à plusieurs reprises de soulever les populations protestantes des régions voisines : le Vivarais, voire le Dauphiné, et le Rouergue. Les diverses prisons où furent enfermés des camisards sont parfois situées bien loin des Cévennes : Perpignan, le château de Carcassonne, Marseille et ses galères. Enfin, nous ferons des incursions dans les pays du " Refuge " où des camisards se retirèrent (où furent obligés de se retirer), souvent attendant une occasion favorable de reprendre la lutte.
Notre cadre géographique prendra en compte ces données et sera suffisamment large pour permettre de traiter la guerre des camisards dans toute son extension.


C
hronologie de la guerre des camisards
-
1685-1699, période des prédicants, où apparaissent déjà, pour certains d'entre eux, des conduites qui préfigurent la guerre des camisards, comme la légitimité de la défense armée des assemblées ou l'utilisation de la violence pour éliminer traîtres, apostats ou les persécuteurs les plus acharnés.
- 1685. Après la conversion forcée par les " missionnaires bottés " (les Dragons) de la quasi totalité des protestants du Languedoc, devenus ainsi des " Nouveaux convertis ", l'Edit de Nantes est révoqué le 18 octobre.
Ceux qui résistent à la conversion s'enfuient à l'étranger (dans les pays du Refuge) ou deviennent des clandestins, se cachant dans les maisons amies, dans les bois et dans les baumes (cavernes). De ces clandestins sont issus les premiers prédicants, dès le début de l'année 1686.
Arrêtés, ces réfractaires rempliront prisons et forteresses, iront ramer sur les galères. Ils y rejoindront ceux qui ont eu la malchance d'être arrêtés dans leur tentative de fuite hors de France.
- 1686-1688. De nombreux protestants, cévenols et languedociens surtout, sont déportés aux " îles de l'Amérique ". Beaucoup périront au cours du voyage, de maladie, d'épuisement ou au cours de naufrages. La plupart de ceux qui résistèrent purent regagner l'Europe par des bateaux de pays protestants. Cette déportation, qui visait à terroriser les populations protestantes, toucha entre 500 et 1000 personnes.
Cette répression n'empêcha pas que les cultes, rassemblant nombre de réfractaires, se firent dorénavant dans la clandestinité, animés par les prédicants. Chaque surprise d'assemblées se solda dès lors par des morts, des arrestations, des condamnations à la prison à vie, aux galères, à la mort bien souvent.
François Vivent, de Valleraugue, le plus hardi des prédicants n'hésite pas à préconiser la défense armée des assemblées. Traqué, il doit se résoudre à négocier sa sortie du pays avec ses compagnons à la fin de l'année 1687.
- 1688. La révolution d'Angleterre remplace le catholique Jacques II par le calviniste Guillaume III d'Orange.
1688-1689. Le prophétisme se répand en Dauphiné (Isabeau Vincent février 1688) et en Vivarais par le Gabriel Astier originaire de Cliousclat dans le Dauphiné.
-
1689. Début de la guerre de la ligue d'Augsbourg.
- Juillet 1689. Vivent revient en Languedoc avec d'autres prédicants qui s'étaient exilés avec lui et avec des nouveaux comme Claude Brousson.
-
Août-septembre 1689. Glorieuse rentrée des Vaudois dans leurs vallées alpines.
- Septembre 1689. Réunion armée à la Cam de l'Hospitalet provoquée par Vivent en vue d'un soulèvement. Echec du soulèvement et forte répression dans la région de Florac. Ce soulèvement est lié à un projet de pénétration en France des puissances protestantes.
- 1691. Nombreux prédicants exécutés, meurtres de prêtres ou d'apostats par les hommes de la troupe du prédicant Vivent.
-
Le 19 février 1692, Vivent est tué dans la grotte de Carnoulès (commune actuelle de St-Sébastien d'Aigrefeuille dans le Gard).
-
Fin 1693, Brousson, qui après l'échec du soulèvement de Vivent avait adopté une position non-violente, quitte la France, et reçoit l'imposition des mains en Suisse en mars 1694. Après un séjour comme pasteur à La Haye, il reviendra dans le nord de la France.
-
1694-1696.De nouveaux prédicants se lèvent, dont Daniel Bas et surtout le Dauphinois Roman, le paquetou (le petit colporteur).
-
1697. La Paix de Ryswyk met fin à la guerre de la Ligue d'Augsbourg ayant opposé Louis XIV aux puissances protestantes d'Europe. Les protestants de France sont les oubliés de la paix.
-
1697-1698. Brousson, après avoir parcouru le Dauphiné et le Vivarais revient en Languedoc et en Cévennes.
-
3 novembre 1698, Brousson, arrêté à Oloron en Béarn, est condamné à mort et exécuté à Montpellier.
-
10 août 1699, le prédicant Roman, emprisonné, est délivré par la force par une troupe de protestants de la Gardonnenque, et se retire en Suisse. C'est la fin de la période des prédicants 1699-1702, il n'y a plus de prédicants en Cévennes et Bas-Languedoc. Comme une traînée de poudre se répand alors le prophétisme. Au cours de centaines d'assemblées improvisées, la plupart du temps en plein jour, au vu et su de tout le monde, des jeunes gens et des jeunes filles " fanatisent " et appellent leurs auditeurs à la repentance. Les prisons regorgent vite de ces " inspirés ".
-
1701. Début de la guerre de succession d'Espagne. Elle durera jusque 1713. J-Juin 1701. Affaire de Vallérargues. La population arrache les prophètes des mains des prêtres, et saccage l'église.

1702
-
Printemps 1702. Plusieurs de ceux qui seront parmi les " déclencheurs " de la guerre des camisards, sont déjà plus ou moins clandestins : c'est le cas par exemple d'Esprit Séguier ; de l'un des frères Rampon ; de Gédéon Laporte ; d'Abraham Mazel.
-
24 juillet 1702. Meurte de l'abbé du Chaliat au Pont-de-Montvert. Cette date est traditionnellement retenue comme marquant le début de la guerre des camisards, dite à l'époque " guerre des Cévennes ".
Une importante rafle se déroule dans les Cévennes parmi les " Nouveaux Convertis ".
-
28 juillet 1702. Escarmouche au Plan de Fontmort. Esprit Séguier est arrêté et sera exécuté au Pont-de-Montvert. Deux autres des probables auteurs du meurtre de l'abbé du Chaila seront exécutés : Moïse Bonnet devant l'église de St-André-de-Lancize, et Pierre Nouvel au château de la Devèze.
-
13 août 1702. Meurtre de Mr de Saint-Côme près de Vauvert (Gard).
-
11 septembre 1702, combat de Champdomergue, entre Saint-Frézal-de-Ventalon et le Collet-de-Dèze. Les camisards font bonne figure, et on y remarque le jeune Jean Cavalier.
- 22 octobre 1702, combat du vallon de Témélac, où Gédéon Laporte, premier chef militaire des camisards, trouve la mort.
-
Novembre-décembre 1702, premiers succès camisards.
-
24 décembre 1702, déroute de la bourgeoisie d'Alès au Mas de Cauvi, contre la troupe de Cavalier.
-
27 décembre 1702. Les camisards prennent Sauve (Gard).

1703
-
12 janvier 1703. Combat du mas de Gaffarel (appelé aussi du Val de Bane). Le capitaine Poul (l'un des plus hardis capitaines catholiques), y trouve la mort.
-
6 février 1703 les camisards investissent les villages de Mons et Monteils
-
10 février 1703. Les camisards essayent de pénétrer en Vivarais. Ils sont battus à Vagnas.
-
14 février 1703. Le maréchal de Montrevel remplace de Broglie à la tête de l'armée
-
21 février 1703. Massacre du village catholique de Fraissinet-de-Fourques par les camisards.
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6 mars 1703. Défaite des camisards à Pompignan.
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27-29 mars 1703. Arrestation des habitants protestants de Mialet et de Saumane. Ils seront déportés à Perpignan.
-
1er avril 1703. Massacre des protestants assemblés au moulin de l'Agau à Nîmes.
-
29-30 avril. Combat de la Tour de Billot près d'Alès.
- 12 mai 1703. Arrestation du baron de Salgas. Condamné aux galères, il y restera jusqu'en 1713.
-
18 mai 1703. Bataille de Bruyès (près des bois d'Euzet dans le Gard).
- 4 juillet 1703. Massacre de Valsauve (Gard) par les camisards.
- 12 septembre 1703. Massacre de Potelières par les camisards
-
Septembre 1703, la décision de dépeupler les hautes Cévennes est prise.
- 18 septembre 1703. Tentative de soulèvement du Rouergue avec Catinat.
- 20 septembre 1703. Massacres de Saturargues et St-Sériès par les camisards.
- 30 septembre-14 décembre 1703, brûlement des Cévennes par les troupes royales commandées par le maréchal Julien.
- 20 décembre 1703, combat de la Madeleine près de Tornac.

1704
- 17 janvier 1704. Embuscade camisarde du Pont-de-Vallongue (commune de Soudorgues dans le Gard).
- Février 1704. Insurrection camisarde dans le Vivarais noyée dans le sang. Le village de Franchassis est détruit. Massacres de Catinat en Camargue. Meurtres et pillage des Cadets de la Croix.
- 14 mars 1704. Ecrasante victoire des camisards commandés par Cavalier sur les meilleures troupes royales à Martignargues.
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16 avril 1704. Cavalier est encerclé et battu à Nages par le maréchal de Montrevel.
- 19 avril 1704. Prise des magasins de Cavalier dans les bois d'Euzet.
- 21 avril 1704. Le Maréchal de Villars arrive pour remplacer le Maréchal de Montrevel.
- 12 mai 1704 entrevue de Cavalier et de Lalande au pont d'Avènes près d'Alès, engagement de pourparlers de paix.
- 13 mai 1704, embuscade de Rolland au Plan de Fontmort entre Barre et St-Germain-de-Calberte (Lozère).
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Fin mai 1704, trêve. Les camisards se retirent à Calvisson. Dissension entre les chefs au sujet de l'arrêt des hostilités.
- 21 juin 1704. Départ de Cavalier avec seulement une poignée de fidèles de sa troupe.
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Juillet 1704. Echec de "l'expédition des tartanes" qui apportait des secours aux camisards.
- 13 août 1704. Mort de Rolland au château de Castelnau-Valence (Gard).
- Fin août 1704. Cavalier et ses compagnons gagnent la Suisse plutôt que de rejoindre la place de Brisach.
- 1er octobre 1704. Joigny et Salomon Couderc se rendent.
- 8 octobre 1704. La Rose, Marion et La Forêt se rendent. Les principaux chefs camisards quittent la France et se rendent en Suisse.
- 10 novembre 1704. Deux Cadets de la Croix sont exécutés à Bagnols (Chassagne et Béraud)
- 31 décembre 1704. L'un des derniers chefs camisards, François Salles dit Salette, se rend.

1705
Au début du mois de janvier 1705, seuls Ravanel et Claris ne se sont pas rendus. Ils sont tenus à l’errance et à l’inactivité par la traque incessante des soldats royaux. L’aide et le soutien de la communauté protestante leur sont refusés. On peut considérer que la guerre des camisards proprement dite est terminée. Mais il y aura encore des soubresauts et des tentatives de nouvelle insurrection jusqu’en 1711.
- Mars 1705. Plusieurs chefs camisards revenant en France sont arrêtés et exécutés, dont Castanet.
- Avril 1705. Le « complot des Enfants de Dieu », tentative « putschiste » de prise de pouvoir, est déjoué. Plusieurs de ses principaux acteurs, comme Ravanel et Catinat, sont exécutés.
- Juillet 1705. Les conjurés qui avaient échappé à l’arrestation se rendent.
- 25 juillet 1705. Spectaculaire évasion d’Abraham Mazel de la Tour de Constance avec seize de ses compagnons de captivité. Il partira en Suisse avec Marion et les autres chefs camisards qui sétaient rendus.
- 3 mars 1706. Exécution de Salomon Couderc capturé alors qu’il rentrait en France.
- 7 mai 1706. Le camisard Fidel Abric est abattu.
- 4 juin 1706, capture du prophète Moïse Nicolas, qui sera exécuté.
- Novembre-décembre 1706, capture de divers camisards qui seront exécutés : David Bourgade dit La Veille, et Jacques Couderc dit la Fleurette entre autres.
- 25 avril 1707. Jean Cavalier est grièvement blessé à la tête de son régiment camisard à la bataille d’Almanza en Espagne.
- 1706-1707, déboires des « prophètes français » à Londres (Allut, Cavalier de Sauve, Daudé, Marion).
- Mars 1709. Mazel, revenu en France avec deux anciens lieutenants de Cavalier, tente de soulever le Vivarais. L’insurrection est écrasée le 8 juillet 1709 à Leyrisse et les débris de la troupe sont dispersés à Font-Réal. 1710. Mazel prépare un nouveau soulèvement en Cévennes et Bas-Languedoc avec Claris et Corteiz.
- Juillet 1710, les Anglais débarquent à Sète, et, après un combat doivent rembarquer. 14 octobre 1710. Mazel est tué au mas de Couteau près d'Uzès. Claris y est fait prisonnier puis exécuté.
- 11 mai 1711. Joiny, revenu en Cévennes sans autorisation, est abattu (près de Génolhac semble-t-il).
- 8 juin 1711. Jean Pierre Buis, dernier chef survivant de l'insurrection du Vivarais est exécuté. Il avait été enlevé en Suisse.
- Marion parcourt l’Europe et meurt à Livourne.
- 11 avril 1713. Traité d'Utrecht entre la France, l’Espagne, l’Angleterre, la Hollande, la Savoie et le Portugal. Sur l'intervention de la reine Anne d'Angleterre, 136 galériens sont libérés en juin 1713 et 44 en mars 1714, avec la obligation de quitter le royaume.
- 21 août 1715. Synode des Montèzes où Antoine Court jette les bases de la réorganisation des Eglises réformées de France appelées d'ores et déjà " Eglises du Désert "
- 1er septembre 1715. Mort de Louis XIV
- 17 mai 1724. Mort de Basville.
-17 mai 1740. Mort de Cavalier, Major Général et Gouverneur de Jersey, à Chelsea (aujourd’hui quartier de Londres).

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