Le Village          

 

GENERALITES :                                                         CARTE DE SITUATION
Liouc, petit village de caractère dans le Département du Gard :
Lattitude : 43° 53' 42" Nord
Longitude : 3° 59' 59" Est
situé à 2 km au sud de Quissac
Liouc - Montpellier : 39 km
Liouc - Nîmes : 35 km
Liouc - Alès : 34 km
Liouc - Anduze : 21 km
Liouc - Sommières : 17 km
Liouc - Le Grau du Roi : 59 km
Altitude de Liouc : 65 m (mini) et 443 m (maxi)        - Superficie : 9,64 km2
Population 200 habitants ( 2007 )pour environ 80 foyers et 150 votants ( 2007 ) et 230 habitants depuis le dernier recensement de 2009.
Code Insee : 30148

Maire actuel : Alain De Bouard  -  1er Adjoint Serge Buchou  -  2ème Adjoint Christophe Philippe
                                                                 LIMITES GEOGRAPHIQUES DE LIOUC
A DECOUVRIR :
La chapelle romane, le lavoir et sa fontaine,
Le coeur du village et ses vieilles ruelles typiques,
Les derniers vestiges du Château féodal de Liouc dont il ne reste malheureusement que quelques soubassements et caves,
''Au Fil de Liouc'' un sentier d'interprétation du patrimoine sur le thème de l'eau, un circuit pédestre pour découvrir Liouc et son environnement.
Sa campagne et ses vignobles avec vue sur le Coutach

ACTIVITES ECONOMIQUES : (cette rubrique sera développée dans ''Economie'')
Si l'activité économique de Lio uc reste encore principalement tournée vers la viticulture et ses produits dérivés, il n'en est pas moins vrai que de plus en plus de nouveaux artisans n'hésitent pas à venir s'installer sur le village. Certains pensent aussi  à développer un autre type d'agriculture de façon à diviserfier leur activité. N'oublions pas aujourd'hui le développement important du marché du tourisme, ainsi Liouc offre un large choix de gîtes ruraux et de chambres d'hôtes ou de camping à la ferme.


HISTORIQUE DU DEPARTEMENT DU GARD

Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de l'ancienne province de Languedoc.
Le département du Gard est riche culturellement. Il est un point de rencontre extraordinaire entre la Provence, le Languedoc, les Cévennes et la Camargue, et borde la Méditerranée :
XIII-Ier siècle avant JC
Ce pays fut, dit-on, occupé primitivement par les Ibères. Ceux-ci furent chassés par le peuple celte des Volces qui prirent, en s'établissant dans cette contrée, le surnom d'Arécomiques, c'est-à-dire Volces du pays plat, pour se distinguer des Volces Tectosages, qui occupaient les montagnes du côté de Toulouse. La civilisation orientale fut apportée sur ces rivages par les Phéniciens, qui, du XIIIe au XIe siècle avant Jésus-Christ, y fondèrent de nombreux comptoirs ; par les Rhodiens, qui, vers - 900, fondèrent Rhoda à l'embouchure du Rhône ; enfin, par les Phocéens, fondateurs de Marseille. On se rappelle les expéditions lointaines auxquelles s'associèrent les Arécomiques, sous Sigovèse, Bellovèse, Brennus. Entraînés sans doute par les Massaliotes dans le parti de Rome, les Arécomiques s'opposèrent au passage d'Annibal et tentèrent de l'arrêter sur les bords du Rhône. Il les vainquit et passa (- 218). Vers - 154, les Arvernes soumirent tout le pays des Arécomiques ; mais leur séjour fut de peu de durée, et déjà ils avaient disparu quand les Romains se montrèrent.
L'influence de Marseille décida les Arécomiques à se soumettre volontairement (- 121) au proconsul En. Domitius ; en récompense, le sénat permit à Nîmes et aux vingt-quatre bourgs placés dans sa dépendance de conserver leurs lois, leur religion et leurs usages. Rome trouva depuis dans les Arécomiques des sujets toujours fidèles et toujours étrangers aux mouvements qui agitèrent la Gaule. Quelques années après, les Cimbres et les Teutons traversèrent, avec l'impétuosité et les ravages d'une tempête, tout le pays entre le Rhône, les Cévennes et les Pyrénées, et fondirent sur l'Espagne pour revenir ensuite se faire battre par Marius.
L'attachement que les Arécomiques vouèrent dès lors au vainqueur des barbares du Nord et à son héritier Sertorius leur valut la haine de Sylla et de Pompée, qui donna une partie de leurs terres aux Marseillais. Par la même raison, ils furent favorablement traités par Jules César et par Auguste (qui plus est, d'origine nîmoise). Leur pays fut compris dans la Narbonnaise, plus tard, dans la Narbonnaise première, et se couvrit de monuments romains qui font du Gard le département le plus riche en antiquités de cette époque.
IVe-VIIIe siècle
Les invasions barbares, arrêtées depuis Marius par la puissance romaine, recommencèrent en 407. Crocus, roi des Vandales, dévasta la Narbonnaise et renversa plusieurs monuments romains. Il fut vaincu par le second Marius. Aux Vandales succédèrent les Wisigoths auxquels fut soumis le pays de Nîmes. Clovis le leur enleva un instant. Mais la victoire d'Ibbas, général ostrogoth, le leur rendit, et leur domination n'y fut plus troublée que par la révolte du duc Paul sous Wamba (672).
En 720, les Sarrasins, sous l'émir Zama, se répandent jusqu'au Rhône ; ils sont vaincus deux ans après par Eudes. Iousouf prend le même chemin en 737 ; Charles Martel le bat à son tour. Pour la troisième fois le pays de Nîmes est envahi par les Sarrasins en 752 ; mais il se révolte, forme une ligue et chasse les étrangers. Le chef qui avait été porté à la tête de cette sorte de république, Ansemond, ne se sentant pas assez de forces pour résister longtemps aux Maures, se mit sous la protection de Pépin le Bref et lui livra Nîmes en 752. Pépin donna le gouvernement de Nîmes et d'Uzès à Radulfe, qui fut le premier comte (753).
Moyen Âge
Les comtes de Nîmes devinrent héréditaires après Charlemagne, dans ces temps de trouble où les Normands se rendirent si redoutables. Ces pirates débarquèrent en 858 dans la contrée qui nous occupe ; les Hongrois y parurent à leur tour en 924 et y commirent d'affreux ravages. Mais bientôt le Nemosez eut des seigneurs capables de le défendre ; ce fut en 956, lorsque l'héritière Cécile épousa Bernard II, vicomte d'Albi, dont les descendants, devenus maîtres de Béziers et de Carcassonne, furent si puissants et si célèbres sous le nom de Trencavel. La vicomté de Nîmes fut pourtant détachée des domaines des Trencavel, en 1130, pour devenir l'apanage de Bernard, fils cadet de Bernard-Athon IV. Elle fut vendue dans le même siècle (1185) par Bernard-Athon VI à Raymond V, comte de Toulouse, déjà maître de cette partie de la contrée que l'on appelait le comté de Saint-Gilles. Au commencement du siècle suivant, Simon de Montfort se la fit adjuger, et son successeur la remit à saint Louis, qui la réunit enfin à la couronne de France. Depuis ce temps, le Nemosez, directement soumis aux officiers royaux, n'a plus changé de maîtres.
Le fief d'Alais (Alès) appartenait, au Moyen Âge, à la maison de Pelet, descendante des anciens comtes de Melgueil, qui avaient eux-mêmes pour auteurs les premiers vicomtes de Narbonne. Les Pelet, qui ont toujours réclamé en vain le comté de Melgueil et la vicomté de Narbonne, furent même obligés de se contenter de la moitié d'Alais lorsque Simon de Montfort se fut emparé de l'autre. Ils gardèrent cette moitié, sous le titre de baronnie, jusqu'au mi-lieu du XVIIe siècle. L'autre moitié, devenue partie du domaine de la couronne par la cession d'Amaury de Montfort, fut érigée en comté et passa successivement par mariage ou par vente aux Beaufort, aux Montmorency et aux Conti.
La vicomté d'Uzès, au commencement du XVIe siècle, fut acquise par un mariage au baron de Crussol ; le petit-fils de ce seigneur la fit ériger en duché (1556), puis en pairie, et, au XVIIIe siècle, le duc d'Uzès était déjà le plus ancien pair du royaume, toutes les autres pairies s'étant éteintes auparavant.
XVI-XIXe siècle
Au XVIe et au XVIIe siècle, les diocèses de Nîmes, d'Alais et d'Uzès furent agités par les guerres religieuses. Bien que sans cesse persécutés (dès 1660 avec les dragonnades), les Protestants y étaient très nombreux, quand la révocation de l'édit de Nantes (18 octobre 1685) vint les frapper d'une proscription générale. Alors, en effet, on leur envoya des missionnaires et des soldats, qui en convertirent quelques-uns ; mais le plus grand nombre aima mieux s'expatrier ou souffrir pour ses croyances.
Ce n'était que temples renversés, pasteurs mis à mort ou envoyés aux galères, vieillards, femmes, enfants jetés en prison (comme à la Tour de Constance à Aigues-Mortes où cette protestante avait gravé sur les murs "Résistez !"). Beaucoup se réfugièrent dans les Cévennes au nord du département ; mais, là encore, l'inquisition les poursuivit, et des milliers y périrent sur le bûcher ou sur la roue. Désespérés, quelques montagnards cévenols s'armèrent, les uns de faux, les autres de fourches, d'autres d'épées ou de fusils ; et, des montagnes du Gard, de la Lozère et du Vivarais, la révolte se propagea dans le pays d'Alais. Ainsi commença la guerre des Camisards (1702).
Comme tous les hommes de parti, les Camisards ont été mal jugés : les uns en ont fait des brigands, d'autres des héros, ceux-ci des saints et des prophètes, ceux-là des sacrilèges et des impies. C'étaient de pauvres paysans honnêtes qui, las d'être rançonnés et vexés par les gens de guerre, se battaient simplement pour la défense de leurs biens, de leurs valeurs, de leurs libertés et de leurs vies. Ils en voulaient surtout aux gens d'Église, dont l'intolérance et le fanatisme sollicitaient sans cesse contre eux de nouvelles persécutions. Les catholiques mirent tout à feu et à sang dans ce pays, n'épargnant ni l'âge ni le sexe. On cite des villages où plusieurs femmes enceintes furent égorgées et dont les enfants, arrachés de leur sein, furent portés en procession à la pointe d'un pieu.
On sait que cette guerre d'extermination dura trois ans. Mais la répression dura jusqu'à 1744, voire 1787 (date de l'édit de Tolérance) et même la Révolution française (1789) avec la déclarations des droits et son article sur la liberté de religion (rédigé par un Gardois protestant). Les Camisards marchaient jour et nuit, et par bandes ; ils appelaient frères leurs chefs. Jean Cavalier, qui commandait les bandes de la plaine ou du pays d'Alais, était un garçon boucher à peine âgé de vingt ans. Ardent et courageux, il passait pour un prophète et avait sur ses compagnons un pouvoir absolu. Il eut à combattre le maréchal de Montrevel, ce qu'il fit avec succès ; mais il se rendit à Villars. On dit que le grand roi s'étant fait présenter, le jeune héros, à la vue de son air chétif et de sa petite taille, il haussa les épaules et lui tourna le dos.
Après ces sanglantes guerres, le pays de Nîmes, d'Alais et d'Uzès jouit d'un long repos ; mais la Révolution y vint réveiller les anciennes passions religieuses : l'histoire du département compte à cette époque de tristes pages.
À la Renaissance, et surtout aux XVIIIe et XIXe siècles, le Gard connaît un impressionnant essor.
  Notamment, de grandes manufactures de tissus se développent notamment en Cévennes — ainsi, et ce n'est pas une légende, les premiers jeans (Levi's) furent réalisés à Nîmes avec une toile résistante, d'abord conçus pour les bergers cévenols et pour les marins gênois, ensuite pour les colons de l'ouest américain, chercheurs d'or et "cow-boys". D'où les termes « Jean (Gênes) Denim (De Nîmes)». Des métiers à tisser cette toile sont visibles au Musée du Vieux-Nîmes. Bientôt la production d'étoffes et du bas de soie s'exporte en Europe et aux Indes espagnoles. Les deux tiers de la population active de Nîmes sont employés dans le textile. La ville et le département s'enrichissent. Le Gard change.
XIXe siècle
La capitale du département, cité manufacturière vouée au textile et place commerciale importante, devient de plus une plaque tournante ferroviaire essentielle lors de la mise en place du réseau de chemin de fer dans les années 1830-1840.
Voilà qu'apparaissent de superbes hôtels particuliers dans les villes et villages, voilà que se dessine un renouveau urbain. À Nîmes, par hasard, au siècle des Lumières, on redécouvre le sanctuaire romain de la Source. On en fait un grand projet d'urbanisme. L'industrie de la soie se reconvertit dans la confection de châles grâce aux premiers métiers Jacquard initiés par Turion, un ouvrier nîmois. Trente années de réussite fulgurante placent le Gard et Nîmes l'industrielle à un rang européen.
Fin XIXe siècle
Mais la concurrence lyonnaise est rude en cette deuxième moitié du XIXe siècle. Très vite, avant de perdre de l'argent, on réinvestit les capitaux du textile dans le vignoble. La culture de la vigne est facilitée par la construction du canal du Midi, le transport du vin par celle du chemin de fer, très développé dans le Gard dès la moitiée du XIXe siècle (notamment grâce à l'industriel Paulin Talabot et à l'ingénieur Charles Dombre).
C'est une nouvelle ère de prospérité. Les villes se couvrent d'hôtels particuliers. Enfin, la gare centrale du Gard à Nîmes devient le centre de transit du charbon cévenol vers Beaucaire, le Rhône et Marseille.
Il est à souligner que ce département a toujours été inspirée par de multiples cultures, ceci étant notamment dû à sa situation géographique exceptionnelle : la culture latine, provençale, protestante, cévenole, camarguaise — et en particulier la tauromachie —, languedocienne.
XXe et début XXIe siècle
Aujourd'hui, le Gard se remodèle. Dans un élan délibéré, sa capitale, Nîmes, allie depuis une vingtaine d'années l'art contemporain le plus pointu aux richesses du passé. Elle réhabilite ses quartiers anciens et s'étend vers le sud. Elle confie ses projets d'urbanisme et d'architecture aux plus grands créateurs internationaux : Norman Foster, Vittorio Gregotti, Kisho Kurokawa, Jean Nouvel, Martial Raysse, Philippe Starck, Jean-Michel Wilmotte…
Prouesse technique entre toutes, Finn Geipel et Nicolas Michelin offrent aux arènes nîmoises une couverture de toile gonflable, amovible aux beaux jours. Hiver comme été, Nîmes organise des spectacles dans les arènes. Aujourd'hui, pour des raisons de coûts mais surtout de sécurité du bâtiment et des personnes, la bulle a été supprimée cet hiver et ne couvrira désormais plus les arènes pour les hivers à venir.
La viticulture y est toujours importante mais privilégie désormais largement la qualité à la quantité. La vie culturelle y est dense et de nombreux festivals ont lieu dans le département durant toute l'année. Enfin, L'engouement pour le sud-est de la France et l'arrivée en 2001 de la Ligne à grande vitesse Méditerranée, mettant le Gard à 2h52 de Paris en TGV, donnent un dynamisme nouveau au département et contribuent pour une bonne part à son important essor démographique et économique.
Des personnages historiques ou célèbres jalonnent l'histoire du département
Mais avant de passer en détail l'histoire du village de Liouc, il peut s'avérer très enrichissant de faire au préalable un petit détour pour celles ou ceux qui ne la connaisse pas très bien par la page '' Histoire du protestantisme et des camisards (cliquez pour cela sur le bouton ci-dessous)
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HISTORIQUE DETAILLE DU VILLAGE DE LIOUC CI- DESSOUS :
Liouc est sans doute connu depuis l'antiquité (tout au moins comme point de passage) même s'il est extrêmement difficile de remonter aux véritables origines faute d'en trouver trace dans les archives à une époque éloignée. Comme tous les villages anciens, Liouc est construit sur une situation dominante et non loint d'un point d'eau
Liouc, à 1,5km au sud de Quissac, sur sa colline sentinelle veillant sur la vallée du Vidourle, est certainement un des plus anciens villages du Gard. Il a été construit aux alentours du 11ème siècle.
En ancien occitan on trouve la forme de LHIOUC à côté des formes bas-lattines LEUCUM (1174), LHIEUC (1435), LYOUC (1582). Bien que l?orthographe LIOUC soit attestée au 17ème et 18ème siècles, on la rencontre dans la même période LIOUX, LIOÜ. Une explication satisfaisante phonétiquement et sémantiquement, est de reconnaître en ce mot d ésignant un lieu habité remarquable par la présence d?un arbre. Dans le cas de Liouc, cet arbre serait l?If.
Le premier terme connu est VILLA LEUCENSIS (1108) : si VILLA   sans équivoque en latin un domaine agricole, LEUCENSIS est la forme adjectivale du mot latin d?origine gauloise LEUCA.  La ??leuca??  était une pierre plate que les Volques ou Gaulois dressaient au bord des chemins ; Chemins qui ne traversaient que les ??opida?? (villages), qui pour des raisons de sécurité, étaient toujours  construits à l?écart des lieux de passages et sur des promontoires.
Cette ??leuca?? ou borne aujourd?hui pouvait se trouver à l?ouest de Liouc sur la route D208 qui emprunte le tracé de l?ancienne voie romaine pénétrante préromaine Substantio-Alestum (Castelnau-le-lez  -  Alès) dont nous avons déjà parlé ou bien à l?est sur la D35 entre Sommières et Quissac.
Liouc, oppidum gaulois situé sur la colline plantée d?ifs ou proche de la borne du grand-chemin.

L?Histoire de Liouc de sa construction à la Révolution :
Liouc, dépendait de la viguerie de Sommières, du baillage de Sauve, du diocèse de Nîmes, de l?archiprêté de Quissac avant 1790.
Durant le IX ème siècle les francs mirent en place le système féodal, qui consistait à diviser les terres d ?une part en vastes zones géographiques ayant des frontières naturelles (les Comtés), d?autre part en entités géographiques à échelle humaine, de la taille des villages (les Vigueries).
Les vigueries étaient dirigées par un viguier (dans le midi de la France, juge qui rendait la justice au nom du comte ou du roi, avant 1789), fonctionnaire franc ayant pour tâche de représenter le roi auprès de ses sujets (tous des hommes libres à cette époque) et de rendre la justice.
Durant le Xème et Xième le pouvoir central s?affaisse et les viguiers profitent pour racheter le maximum de terres autour du village dont ils ont la charge. En quelques décennies tous les villages sont sous leurs ordres, que ce soit parce qu?ils possédaient les terres ou parce que leurs pouvoirs leur permettaient directement d?imposer leurs volontés aux habitants. Les vguiers sont alors devenus des ??seniors?? (au sens supérieur), déformés en ??seigneurs??.

Les derniers seigneurs de Liouc à partit du 11ème siècle :
En consultant les ??compois??, les actes notariés, les reconnaissances ou autres censives, on rencontre plusieurs familles à la noblesse pas toujours confirmée qui se targuent du titre de seigneur ou co-seigneur de Liouc (Beringuier, Folhaquier, Saint-Romme, Massip, de Molles, Quissac, Aldebert, etc?). Mais ce sont deux familles de seigneurs qui ont marqué l?histoire de Liuc, du 11ème au 18ème siècle, les de Leuze et les La Roque.
Au Moyen-Age, les seigneurs s?arrogèrent le droit de ban (le ban est le pouvoir de commandement des seigneurs : pouvoir militaire, judiciaire, économique. Ils avaient le monopole de la mouture, obligeant les paysants à apporter leur grain au moulin banal pour le faire moudre moyennant une taxe qui leur procurait un excellent revenu).

La famille de Leuze est une des plus anciennes familles nobles du Languedoc. Elle est problalement à l?origine de la construction du château féodal bâti aux alentours du 11ème siècle sur le site de l?actuel village de Liouc dont il ne reste que quelques vagues vestiges.
On peut situer la destruction définitive de leur château vers 1250, pendant la vague de destruction des châteaux féodaux du Languedoc qui suivit l?annexion de la province.
Pendant la Renaissance ils entreprennent la construction de l?ensemble des bâtisses désignées sous le nom de câteau de Liouc et en font l?une de leurs demeures. Ses armoiries étaient : d?or au chêne de sable soutenu de deux lions affrontés de même.
Après la mort de Guillaume de Leuze en 1550, la seigneurie de Liouc va tomber aux mains des La Roque.
La famille La Roque est elle aussi, une très ancienne famille noble du Languedoc. Elle est issue du village de Laroque près de Ganges.Ses armoiries sont : d?azur à deux rochers d?argent posés en fasce et la devise : ADVERSIS DURO.
Les Roque ont baigné dans la verrerie de Claret et de Vacquières (il y avait parenté).
En 1684, Pierre de la Roque et son fils cadet Guillaume abjurent le protentisme. Son fils aîné Antoine refuse de les suivre dans cete démarche et choisit de s?exiler à Rotterdam. Il y restera quelques temps avant de gagner Londres et s?y fixer définitivement. Plus jamais ils ne reverront la France. Pierre de la Roque meurt en 1693. Son frère aîné absent, le baron Guillaume de la Roque hérita de la Seigneurie de Liouc.

A la révocation de l?Edit de Nantes, en 1685, les abjurations se font massives et dans la terreur ; Une vague d?émigration s?impose pour certains protestants.
La situation des Hugenots en cette fin du 17ème siècle était invivable. Beaucoup ont payé de leur vie pour être et restés Huguenots. Les protestants en sont réduits à se cacher pour pratiquer leur culte.
Dans notre région, Louis le Grand, nomma Nicolas de Basville, à l?intendance du Languedoc. Il considérait le mouvement protestant comme une épidémie et se flattait qu?il ne reste pas de hameau ou village qui n?ait été nettoyé. Un profond soulèvement religieux mobilisa les protestants des Cévennes et d?une partie du Piémont cévenol contre le pouvoir royal.
De 1702 à 1704, les révoltes des camisards se multiplièrent. La révolte des camisards éclate en fait en juillet 1702 dans les hautes Cévennes avant de s?étendre comme une traînée de poudre dans notre piémont cévenol. Le commune de Liouc a été le théâtre de nombreux événement graves pendant cette révolte.

Sanglantes expéditions camisardes sur la commune de Liouc de 1703-1704 :
15 février 1703 : incendie de la métairie de cauvesargues près de Liouc. Paillet et grenier à foin.
Propriétaire Etienne Volle, résidant à Sauve, docteur en droit, seigneur de Puechredon ? ancien pasteur, il avait abjuré d?où le courroux camisard contre ses propriétés de la Devèze, Puechredon et Cauvessargues. Ce même Etienne Volle, avait baptisé le chef camissard né à Quissac, Pierre Claris. Ce dernier ne cessa de le haïr quand il apprit que M. de Molles avait abjuré et servait le Roy.

Dans la nuit du 12 au 13 août 1703 : les camisards se rendirent à la métairie dite de Campagnany, chez Pierre Boisson, rentier, mari d?une prénommée claudine. Cette ferme appartenait au sieur Pierre de Condé, qui résida, à Anduze. Les agresseurs tuèrent Boisson et un valet, sa veuve avait 5 enfants. D?après un rapport de Basville les rebelles auraient mutilé horriblement leurs victimes notamment l?époux de Marie Estève, fermier qui ne négligeait aucune occasion, pour ??courir sus?? aux camisards. Les greniers très vastes, où la récolte avait été entreposée, furent entièrement incendiés. Claudine Boisson fit supplier l?intendant Basville de lui venir en aide :??d?avoir pitié de son état et de se souvenir combien les veuves et les enfants orphelins, lui sont recommandés pour que,touché de son malheur, il ait la bonté d?accorder à sa personne et à sa famille, une des charités qui méritera d?autant plus de récompense que la veuve dont il est parlé dans l?évangile n?a jamais approché sa pauvreté (archives Hérault C 253).

Dans la nuit du 13 au 14 août 1703 : les attroupés dont une quinzaine à cheval, enfoncèrent à coup de hache, les portes du château de Liouc, demeure de Guillaume de la Roque, aux environs immédiats de Quissac. Ce dernier était absent. Ils brûlèrent et pillèrent les meubles ainsi que la maison ducuré Pierre Périller qui était lui même absent. Vicaire perpétuel de Liouc, il avait sa bibliothèque dans le château, elle fut la proie des flammes. Ils firent subir le même sort à la maison du curé en retraite, Pierre Martin. Pour en finir, ils pendent le fermeir du château à laRouvière après lui avoir coupé les ??génitoires?? et crevé les yeux.

Basville devait rendre hommage au sieur de Liouc : ??qui a toujours bien fait son devoir (archives de guerre, vil 1709 F254). Il y avait à Liouc, un autre prêtre retraité : Pierre Martin dont la demeure fut aussi pillée et brûlée (C256).

Lettre de Basville à Mr de la Roque : ??ce fut toujours distingué depuis la conversion générale par son zèle pour le service du Roy et pour la religion catholique, et qu?il ait témoigné surtout la juste horreur qu?il a pour les fanatiques rebelles qui commettent tant de dsordres dans ce pays. Cela, les a si fort animés contre lui, que pour le ruiner en ses biens, ils firent brûler le château??.
La date de cette agression du château de Liouc n?est pas connue exactement. Les documents d?archives sont imprécis sur ces chiffres et ne s?accordent pas. Le château de Liouc dont les soubassements existent encore a des caves intéressantes. IL existerait un passage souterain secret au fonds des caves en ruine ? Aucune recherche ou fouille approfondie n?a été effectuée à ce jour.

8 novembe 1703 : Une troupe de rebelles huguenotes se rendit entre Quissac et Corconne, au terroir de Liouc. elle s?empare de françois gilly et de Fulcrand Bourguet, les attacha, en leur disant de prier Dieu, et de se préparer à mourir. Cette troupe rencontra sur son passage, Catherine Gilly veuve d?Etienne durand, mère de cinq enfants, qui se rendait à Quissac, assise sur une mule, qui appartenait à son frère François ; elle allait chercher du blé et le faire moudre au moulin. Les camisards lui ordonnèrent de les suivre avec une nommée Marie Rouvièren âgée de 22 ans, ils les conduisirent près de la métairie de Planque et de Volle. Là, ces deux femmes aperçurent trois personnes attachées, en qui elles reconnurent Louis Coulomb, veuf et père de quatre enfants, Françoise Malacombe, âgée de 15 ans, et Jeanne Jacques âgée de 16 ans. Ces gens étaient gardés par une douzaine de camisards, qui après avoir fait ??prophétiser, à leur sujet, les condamnèrent à mort sauf Marie Rouvière, qu?ils retinrent avec eux trois heures et à laquelle ils ordonnèrent d?aller à Corconne. Ces 7 personnes étaient soupçonnées d?avoir dénoncé des camisards. Ces meurtres eurent lieu sur place, près de la métairie de Planque.

20 juillet 1704 : 2 camisards sont tués et 4 s?enfuient. Ils étaient venus cuire leur pain et récupérer le apin encore chaud, à un four de la métairie de Volle. Le sieur de Guichard la fit aussitôt démolir et tua une vieille femme qui s?y trouvait encore.

Le 12 octobre 1710 : Guillaume de la Roque, dernier seigneur de Liouc meurt après avoir fait de son cousin germain, Jacques de Saint Sébastien, son héritier et légataire universel sous réserve de préserver les droits de ses frères sortis du royaume.

Ni sa fille Suzanne Laroque (née hors mariage et décédée à l?âge d seize ans, ni ses frères, pas plus que leurs descendants ne revendiquèrent la possession de l?héritage.

Jacques de Saint Sébastien meurt en 1740 en léguant ses biens y compris ceux des de la Roque à l?hôpital d?Alès.

En 1768, un nommé Pierre Fargues se disant petit-neveu de Guillaume de la Roque réclama son soi-disant héritage. Après un long procès, l?hopital obtint gain de cause en 1773 grâce à ses relations.

Quelques années plus tard, un groupe d?anglais se disant descendants des de La Roque débarqua à Liouc. S?adressant à Madame Daudé, épouse du maire de l?époque, ils exprimèrent le désir de visiter le cimetière où dormaient leurs aïeux. Un peu confuse et gênée, elle les amena vers un petit lopin de terre en dessous de l?église envahi par les ronces et les orties. Ce qui fut jadis le lieu de repos de leurs ancêtres n?était qu?un terrain vague. Pour rompre le silence qu?instaura leur dépit, Madame Daudé leur dit : ??vous voyez, je vous avais prévenus, c?est un ??harmas?? !?? Et nos anglais, pour cacher leur déception, de se plonger dans leur lexique français-anglais pour y chercher la traduction du mot ??harmas??.

L?Histoire de Liouc après la Révolution
A la révolution, ces biens furnt saisis en 1793 et inscrits au registre des biens nationaux de première catégorie. Voici l?inventaire des titres de la Chambres des Comptes de Montpellier :
- un ensemble de bâtiments dits ??le château??
- une maisn avec bergeries et écuries
- un moulin à blé
- 282 sétérées de terres labourabes
- 27 sétérées de prés et jardins
- 21 sétérées de mûruers
- 18 sétérées d?oliviers
- 8 sétérées de vignes
- 343 sétérées de bois et garrigues
(soit environ 140 hectares si on se réfère au tableau de correspondances). On remarquera le peu d?importance des vignes par rapport aux terres labourables.

Tous les biens ont été nationalisés et vendus en trois lots à des négociants de Montpellier. Ils ont été achetés par des accaparateurs de biens d?église tels que Monsieur Jac, député de Quissac aux Etats Généraux. Il avait acheté au moins la moitié du pays dont les terres actuelles de Monsieur Arles.

Entre cette date et 1840, les biens de Liouc firent l?objet de nombreuses spéculations. Ce qui fut jadis le Château de Liouc, appartient à plusieurs familles dont Madame Manette Boisier-Clément, Monsieur Arles et la commune.

La paroisse de Liouc
 
La paroisse apparaît pour la première fois en 1108 sous le vocable Villa leucensis sur le cartulaire (1) de Nîmes.
On la
  retrouve ensuite successivement sous différents noms dans les documents officiels : Ecclesia de Leuco en 1156,  Lheucum en 1384, Lhieuc en 1435 et enfin Liouc en 1695.
La paroisse St Blaise de LIOUC est rangée dans les possessions du Chapitre de Nîmes par une bulle (2) du pape Adrien VI de 1156,.

La construction de l?église, sans doute ancienne chapelle du château féodal remonterait au XI ou XII ème siècle. Elle fût ravagée vers 1560 par les huguenots puis reconstruite vers 1609. Elle est à nouveau ruinée en 1622 et ne sera réparée que vers 1656.
La population de Liouc, à l?image de ses seigneurs les La ROQUE avait dans sa grande majorité adhéré à la réforme.
Différents écrits, lors de visites à Liouc des évéques et abbés au cours du 18 ème siècle attestent que l?église était nettement plus grande que ce qu?il en reste aujourd?hui. Elle a dû être réduite lors de la construction du presbytère attenant.
A la révolution, l?église, le cimetière et la maison curiale avec écurie et basse cour sont inscrits au registre des biens nationaux en vue d?être vendus aux enchères. Finalement la vente n?aura pas lieu, sans doute grace à
 l?intervention de Jacques JAC, député conventionnel catholique et gros propriétaire de Liouc. L?église et le cimetière seront attribués à l?autorité civile de la commune.
Après la révolution et jusqu?en 1874, la paroisse de Liouc deviendra une annexe de celle de Brouzet. En raison de la distance une ordonnance épiscopale du 17 décembre 1874 autorisa les catholiques de Liouc à s?adresser au curé de Quissac pour leurs besoins religieux.
En 1880, Liouc comptait 55 catholiques pour 60 protestants.

St Blaise
 
Evêque et martyr, St blaise fut l?un des saints autrefois les plus populaires.
D?abord très habile médecin et en même temps très vertueux chrétien, il devint évêque de Sébaste, en Arménie, par le choix du peuple qui l?entourait d?une grande estime.
Mais Blaise, inspiré de Dieu, quitta bientôt son siège épiscopal pour s?enfuir sur une montagne solitaire ; il y avait pour compagnie les bêtes fauves qui venaient chaque jour visiter l?homme de Dieu et recevoir, avec sa bénédiction, la guérison de leurs maux.
Son secret fut découvert par des chasseurs qui virent un rassemblement de bêtes sauvages devant sa grotte. Il fut alors arrêté et emprisonné. Il continua à soigner et à guérir à travers la lucarne de son cachot. On lui avait amené un enfant sur le point d?être étouffé par une arête de poisson. Blaise le guérit.
Il mourût martyr, ses chairs labourées par un peigne de fer. Ce saint guérisseur est invoqué pour protéger des maladies aussi bien les hommes que les animaux.

(1)
   Cartulaire : recueil  d?actes attestant les titres et privilèges d?une communauté religieuse ou laïque.
(2)
   Bulle : sceau de métal attaché à un acte pour l?authentifier

           
            
           


Chambre d'hôtes à Liouc
Dany et Thérèse Deleu
125, rue du Coutach
Hameau de la Rouvière
30260 LIOUC
Tél : 04.66.51.76.14

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